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La descente du Yukon
Nous avions décidé avec un groupe d'amis de rejoindre Dawson en descendant le fleuve Yukon en
canoë. Cette descente devait durer quinze jours pendant lesquels nous ne croiserions d'un village (Carmacks).
Le grand jour arrive enfin. Après avoir fait le plein de provision, nous préparons les canoës en les chargeant du
mieux possible. Dans chaque canoë nous avons chacun nos effets personnels, une tente, des caisses de nourriture et
une partie de l'équipement collectif - telles que gamelles, scie, réchaud ....
C'est le moment de se jeter à l'eau, ou plutôt de se lancer sur l'eau. Le courant nous emmène rapidement. Les
eaux sont d'une transparence telle que des cailloux à moins d'un mètre de fond sont visibles.
A peine avons nous quitté la civilisation que nous sommes plongés dans la nature. Les pygargues survolent le fleuve
en surveillant le moindre mouvement des poissons.
Nous nous arrêtons après une bonne entrée en matière au tout début du lac Laberge. Il s'agit alors de monter le
camp, chercher du bois, faire un feu pour nous réchauffer et nous permettre de préparer un bon repas.
Nous sommes à 50 mètres d'une hutte de castors. Tous les bouleaux sont coupés à 20 cm du sol. Dans la soirée, nous
avons la chance d'en voir deux. L'un d'eux transporte un branchage.
Ces troncs d'arbres sous forme de pilotis remontent à l'époque des bateaux à aube. Cela permettait de canaliser
le flux d'eau de manière à faire dégeler un canal pour permettre de reprendre la navigation plus tôt. Cela
maintenait un flux important pour que les alluvions ne se déposent pas et laisse assez de fond.
Le lac présente un réel danger en canoë. A tout moment, un vent violent peut se lever et engendrer une houle, qui,
sur 50 kilomètres, génère des vagues de plus d'un mètre de haut. Progresser devient alors très difficile et
dangereux car l'eau passe par-dessus bord. Il faut à tout instant être capable de rejoindre la rive dans les plus brefs délais.
Après une longue journée de pagaie, nous ne sommes toujours pas arrivés au bout du lac. Il est vrai que, long
de 50 kilomètres et avec les mauvaises conditions que nous avons eu, il n'est pas envisageable de les effectuer en une
journée. Nous nous arrêtons sur une petite pointe donnant une superbe vue.
Nous profitons de cette magnifique journée pour effectuer l'ascension d'une des montagnes afin d'avoir une vue
différente du lac. La marche est tranquille et la vue est magnifique.
De retour sur l'eau et après bien des efforts nous arrivons à l'embouchure du lac, une localité nommée : Lower Laberge.
Lower Laberge était un campement saisonnier pour les indiens Tutchone.
C 'est là qu'en 1899 la police montée du Nord-Ouest (NWMP) s'était installée de façon permanente. Au début du
XXème siècle, Lower Laberge était non seulement un point d'arrêt pour les bateaux à aube mais également un point
de passage sur la route hivernale Whitehorse-Dawson, c'est pourquoi un poste de télégraphe y fut implanté. Le
ravitaillement des communautés sur le Yukon était réalisé de manière différente en fonction de la saison.
En été, le fleuve permettait l'acheminement des marchandises par bateaux. En hiver, l'acheminement avait
lieu uniquement à cheval, ne permettant que la livraison du stricte nécessaire. Au printemps, l'acheminement était
mixte en raison du plus long dégel du lac par rapport au fleuve. Lower Laberge était donc un lieu stratégique pour
le ravitaillement.
Lower Laberge est situé sur le territoire que les canadiens nomment "Thirty Miles" et fait parti du patrimoine national.
De nos jours, il ne reste à cet endroit que deux cabanes (celle de la police montée et celle des postes et
télégraphes), une carcasse de pick-up et les restes de la carcasse du CASCA.
Après notre visite du site, nous avons dû repartir plus loin en raison de la présence d'autres canoës. A ce moment
là, nous avons pu observer un écureuil traverser le Yukon à la nage !!! Le fleuve a à cet endroit une largeur de
plus de cinquante mètres.
En quittant notre campement et en reprenant notre route nous sommes surpris par le courant. Progresser devient alors
très facile. Le paysage défile à toute vitesse. Peu de temps après notre départ, nous avons la chance de voir
notre premier renard. Toutefois les méandres étant encaissés, nous retournons rapidement à la navigation.
Cela ne nous empêche pas d'admirer les nombreux pygargues perchés sur les falaises ou sur des arbres et qui surveillent le passage des poissons.
Les "Thirty Miles" (48 kilomètres) étaient réputés pour leur dangerosité. les plus dangereux pour
les bateaux à aubes à cause de leur faible largeur, du courant, des rochers et des bancs de sable. D'ailleurs
certains points portent le nom des bateaux qui s'y sont échoués.
Nous faisons une pause et visitons le camp de bûcherons "17 miles", constitué des restes de deux cabanes,
de chariots et de petits vestiges. Ces camps de bûcherons servaient uniquement à ravitailler en bois les bateaux. En
effet, ces bateaux consommaient 2 cordes par heure (une corde représente un volume de 4 x 4 x 8 pieds soit 1,2 x
1,2 x 2,4 mètres). Par exemple, l'ALASKA, pour relier Whitehorse à Dawson consommait 61 cordes pour un trajet de 39 heures.
Les "Thirty Miles" 'achèvent à l'endroit où la rivière Teslin se jette dans le Yukon. Ce dernier double
alors de largeur. Hootalinqua est le nom donné par les habitants qui vécurent à cette intersection au fin du
XIXème siècle. Cet endroit était le point de passage des chercheurs ; C'est pourquoi dès 1898 il fut doté d'un
poste de police montée NWMP. Dès 1900, une station de télégraphe y fut construite.
Nous nous arrêtons dans un virage, il nous faut bien manœuvrer pour ne pas nous retourner. Après avoir établi le camp,
nous profitons des derniers rayons de soleil pour faire une balade sur les falaises. Notre dîner est interrompu par le passage de deux orignaux - vraisemblablement une mère et son jeune. Ils nagent au beau milieu du fleuve dans le sens du courant.
Nous veillons une bonne partie de la nuit dans l'espoir de voir des aurores boréales. Malheureusement, le ciel est trop couvert. Nous nous résignons à regagner nos tentes sous les coups d'une heure du matin.
Le Yukon est sinueux. Nous progressons toujours à vive allure. Les rives boisées d'épicéas sont magnifiques. Les pygargues, très nombreux nous regardent paisiblement passer. Nous passons au pied d'une cabane qui d'ici quelques
années ira à l'eau en raison de l'érosion de la falaise. Nous déjeunons à proximité d'une cabane écroulée. Cela n'empêche pas cet endroit d'être toujours fréquenté car on y voit des séchoirs à poissons.
Peu avant d'arriver à la rivière Big Salmon, notre regard est attiré par un nombre important de corbeaux et de pygargues posés sur la rive droite. En nous en approchant, nous découvrons la carcasse d'un jeune orignal mâle, mort peu de temps auparavant.
Quelque coup de pagaies plus tard, nous nous arrêtons au village Big Salmon sur la rive droite du Yukon qui est composé de quatre cabanes et d'un cimetière.
A partir de ce point, le Yukon s'élargit de nouveau. A présent, il y a de plus en plus d'îles. Nous prenons les
bras secondaires où nous rencontrons moins de courant. Les rives sont très proches. Nous rencontrons une mère orignal
et de son petit. Tous deux traversent devant nous, à environ trois cents mètres.
La pluie tombe de façon continue depuis que nous sommes partis ce matin. Nous effectuons une pause au niveau d'une
cabane ayant comme particularité d'avoir un arbre sur son toit. Pendant que certains dévorent une barre de
céréales, Jean-Marie est parti pêcher. D'autres ramassent un peu de bois. Nous allumons difficilement un feu et nous
nous regroupons en cercle très serré autour de ce dernier afin de faire sécher nos vêtements. Jean-Marie nous
rejoint avec trois ombres arctiques. Nous n'aurons pas tout perdu !
La pluie diminue d'intensité. Nous repartons et nous arrêtons à Little Salmon. Nous y trouvons par chance un immense épicéa sous lequel nous nous abritons. Nous y trouvons également du bois sec et en profitons pour faire un nouveau feu, nous réchauffer et nous restaurer.
Little Salmon village était un village indien avant l'arrivée des chercheurs d'or. Il n'en reste aujourd'hui que le cimetière. Les indiens pour enterrer leurs morts construisaient de petites maisons afin de les protéger des
animaux comme ils leur étaient impossible de les enterrer en raison du permafrost.
Nous repartons et pour la première fois de la journée, pagayons sans une goutte de pluie. Nous établissons notre camp sur une île où les traces de renards et d'orignaux sont très nombreuses. Nous partons nous coucher alors que la pluie a de nouveau repris !
Un lynx nous fait le plaisir de se montrer sur la rive. Tranquille, il nous regarde passer.
Le bruit de moteurs automobiles, devenu si peu habituel, vient perturber notre silence. La civilisation nous rattrape. Petit à petit le monde moderne fait son apparition. Après un virage, nous passons sous un pont.
Celui ci est le dernier à enjamber le Yukon d'ici à la mer de Bering. Nous nous arrêtons à coté d'un ponton. Ca y est nous sommes à Carmacks, le seul lieu de ravitaillement possible. La vie commerciale y est très réduite. Il y a
deux stations services, dont l'une d'elle fait supermarché. Le choix est limité mais nous permet néanmoins d'acheter des fruits, des légumes et du pain.
Ce village n'est pas très intéressant. Nous avalons donc rapidement nos sandwichs, nos yogourts et des prunes et reprenons notre progression en canoë. Après une courte pause à une ancienne mine de charbon, nous pagayons
jusqu'aux fameux rapides les Five Finger. C'est ici, que de très nombreuses embarcations de chercheurs d'or se sont retournées, broyées. Nous montons sur le promontoire qui surplombe ces rapides. Après avoir bien étudié notre
trajectoire, nous remontons dans nos canoës. Tous les bagages sont bien arrimés. Nous franchissons donc ces rapides en embarquant un peu d'eau.
Peu de temps après notre départ nous franchissons d'autres rapides, les "Rink". Il y a un siècle,
ces rapides étaient également très meurtriers. De nos jours, en passant bien à droite, il n'y a plus de danger.
Nous nous engageons dans de petits bras. Là, le plaisir de construire sa trajectoire est encore plus grand. Il nous
faut zigzaguer entre les hauts fonds, les troncs d'arbres.
Nous effectuons une pause à Yukon Crossing, ancien relais et lieu où la route d'hiver traversait le Yukon. Les
attelages effectuaient une pause pour reposer les chevaux, les chiens.
Par moment, nous entendons des voitures mais ce désagrément n'est que provisoire puisque la route s'éloigne du fleuve jusqu'à Dawson.
Le nombre d'îles est très important. C'est au détour d'une d'elles que nous rencontrons un orignal.
Nous nous arrêtons et montons le camp avec une vue très dégagée.
Jean-Marie ramène au bout de sa ligne un inconnu. En papillote, accompagné d'un filet d'huile d'olive, ce
poisson s'avère excellent. Nous l'accommodons de pommes de terre cuites à la braise avec une noix de beurre !
Le coucher de soleil illumine le ciel d'orange et de rouge.
C'est en prenant les bras secondaires que nous approchons un couple de jeunes pygargues. Tous deux n'ont pas encore leur
plumage d'adulte. La faible vitesse du courant nous conduit lentement vers eux. Ce n'est qu'après les avoir dépassé
qu'ils s'envolent. Magique ! Nous profitons alors des premiers battements d'ailes.
"Hell's Gate", les portes de l'enfer n'ont rien de terrible de nos jours. Elles consistent en une multitudes
d'îles. Nous passons au milieu d'entre elles. Le courant est faible et il y a peu de fond. Les plus courageux d'entre
nous remontent certains bras pour profiter au maximum de plus grand nombre d'îles. Nous prenons ensuite un petit
bras très sinueux d'à peine trois mètres de large. Le courant y est assez important. Un tronc d'arbre nous barre
le chemin . Il dépasse d'une vingtaine de centimètre le niveau de l'eau. Et prenant de l'élan et en jouant avec le
centre de gravité, nous passons l'obstacle. Les virages rapprochés exigent que nous montrions notre dextérité à
manœuvrer car la moindre erreur pourrait nous être fatale. Fatale est bien le mot. François rate une manœuvre et le
voila avec Gauthier propulsés dans les arbres. Le canoë se coince, s'incline sous la pression du courant et l'eau
rentre peu à peu... Tout passe à l'eau, les affaires et les deux occupants. Nous pourrons heureusement repêcher la
totalité des affaires à l'exception d'une cane à pêche ! Finalement cela n'aura pas été l'enfer mais...
Nous récupérons la rivière Pelly, un très gros affluent qui augmente considérablement le volume et la largeur du
Yukon. Nous arrivons à Fort Selkirk, un ancien village, deux kilomètres plus loin, où nous profitons de cette
longue pose pour essayer de faire sécher les vêtements. Fort Selkirk, un autre grand carrefour où les plus
anciennes traces de présence remontent à 11 300 ans. C'était un lieu d'échange entre les indiens et plus tard
avec la compagnie de la Baie d'Hudson en 1848. Juste avant la ruée vers l'or, un fort militaire y fut implanté. Dès
l'année suivante, 1899, le Fort fut démonté et déplacé à Dawson. Fort Selkirk fut un village jusqu'en 1953, date
à laquelle les bateaux à aube cessèrent leur activité. Tout au long de cette première moitié de siècle, les bateaux faisaient escale.
De nos jours, Maria Van Bibber, une indienne née à Fort Selkirk, fait visiter l'été ce village en lui redonnant
vie. Nous apprécions beaucoup cette visite qui nous montra comment était la vie à cette époque. C'est la tête pleine d'images que nous repartons.
Après un bon repos, nous remontons dans nos canoës. Nous longeons de magnifiques murs de basalte, puis sur des
montagnes nous découvrons fugitivement des biches à queue blanche. Nous établissons le camp sous les épicéas sur une île.
Après un réveil difficile, nous prenons un petit déjeuner copieux de pan cakes avec du sirop d'érable.
Nous passons la journée à pagayer entre les îles, en alternant le courant principal et les bras secondaires. Nous
retrouvons un mur de basalte provenant de la même éruption volcanique que ceux observés hier.
Soudain, sur la rive gauche nous découvrons un poteau télégraphique avec son support et sa partie en bois fileté et la coupelle isolante en porcelaine.
En fin de journée, nous abandonnons les canoës pour nous dégourdir les jambes. Notre superbe balade nous permet
d'apercevoir un nid d'aigle perché dans la partie supérieure d'un bouleau.
Nous renouvelons notre tentative d'observation d'aurores boréales et nous sommes récompensés. Il est un peu plus
de minuit quand nous observons la première. C'est épuisé mais heureux que nous regagnons nos tentes vers les deux heures.
Nous pagayons toujours le plus possible sur les bras secondaires pour mieux profiter de la nature. Nous
progressons en silence dans l'espoir de surprendre des animaux. Après plusieurs de jours infructueux, nous
arrivons droit sur une femelle orignal sur un bras d'une dizaine de mètres de large. Le faible courant nous en
rapproche lentement. La femelle broute tranquillement des herbes aquatiques. Je reste sur mes gardes car une charge de
sa part pourrait faire des dégâts. En effet nous ne sommes plus qu'à 6-8 mètres et il n'y a pas de fond. Elle, de son
coté s'est arrêtée et nous observe. Ses sentiments doivent être partagés entre rester, fuire et charger !
Elle doit être partagée entre les deux premiers car ce n'est que très lentement qu'elle se dirige vers la forêt.
Nous nous arrêtons sur une île avec une vue magnifique. Pendant que certains font leur lessive et luttent contre les
moustiques, nous repartons à trois en canoë faire le tour de l'île à l'abri de ces petites bêtes. Le courant est
important et le remonter se fait très lentement. Nous progressons mètre après mètre. Un peu plus loin, nous
sommes à nouveau récompensé en rencontrant un jeune orignal mâle. Celui-ci en revanche s'enfuit immédiatement..
Ce matin, nous avons le spectacle d'un ours noir se promenant sur la rive opposée. Ce dernier connaît
parfaitement les pistes animalières et se fraie son chemin sur les pentes abruptes.
Nous nous rapprochons de l'affluent la White. La White river, de couleur laiteuse, doit son nom à la forte charge
en cendre volcanique et en limon glacier. Ces cendres volcaniques proviennent d'une éruption ayant eu lieue il y
a 1 400 ans. En amont, à certains endroits, ces dépôts de cendre atteignent 100 mètres d'épaisseur !
Nous nous sommes arrêtés un peu en amont de la White river et avons pris un peu de hauteur (cf. photo). La vue y est
magnifique. La White est très large, constituée de nombreux bancs de cailloux et d'autant de bras. Sa couleur nous interdit d'en connaître sa profondeur.
Plus loin nous avons pu voir des mouflons de Dall sur les flancs de la montagne.
Une fois la White absorbée, le Yukon a de nouveau doublé de largeur et occupe désormais toute la vallée. Son eau
n'est plus buvable. Il nous faut nous ravitailler en prenant de l'eau de ses affluents (ils sont loin d'être tous clairs).
Nous profitons de l'extrême largeur du fleuve pour explorer les bras secondaires et sportivement à en remonter certains.
Nous abandonnons les canoës pour prendre un peu de hauteur. De notre promontoire, nous avons une magnifique vue sur les
vallées de la Stewart et de la White. L'automne arrive, les bouleaux jaunissent.
Le temps se dégrade rapidement. Nous décidons alors de nous arrêter sur une île. Nous sommes dans un ancien bras
et l'humus n'a pas encore eu le temps de se former. Nous plantons les tentes dans les endroits les moins caillouteux.
L'arc en ciel qui résulte du contraste pluie soleil est très intense.
Depuis quelques jours, nous ne montons les camps que sur des îles car le Yukon prend toute la largeur de la vallée. Ses
rives ne sont que des montagnes abruptes ou des falaises. Les îles sont plus ou moins récentes et la végétation est en conséquence.
Cette nuit la température est descendue en dessous de zéro. La température ambiante est donc bien en dessous de
celle du fleuve. C'est pour cela qu'au petit matin la brume se lève.
Ce sont les doigts engourdis que nous démarrons cette journée sur le canoë.
Dawson, ville mythique...
Nous passons l'affluent le Klondike, la fameuse région Klondike qui donna lieu il y a un siècle à cette ruée vers l'or.
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