Carnet de route : descente du Yukon
de Whitehorse à la mer de Bering
sur plus de 3 000 kilomètres
YUKON - CANADA & ALASKA - USA
en solitaire par Christian Roux

La météo en ce moment à Kaltag (Alaska) - prochaine étape :

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Dimanche 29 juillet: Les explications sur ce silence
Depuis 12 jours nous avons du modifier la réalité car Christian a eu un problème et qu'il ne fallait pas inquiéter sa famille. Voici donc les explications.
Depuis quelques semaines, Christian effectue de très grosses journées et progresse très vite. Alors qu'il est un gros mangeur, sur les 2 dernières semaines, Christian n'avait plus faim malgré les efforts fournis. Dopé par cette magnifique progression, Christian n'a fait très attention à ce manque d'appétit et ne l'a jamais révélé au téléphone. Voila près de 50 jours qu'il progresse. Il a mis cela sur le dos de la fatigue et ne s'en est pas trop soucié. En fait, ce qui s'est passé, c'est que la nourriture qu'il asborbe est très riche en calorie (pates...) mais très pauvre en vitamines et minéraux. Les efforts fournis et les fortes chaleurs l'ont fait beaucoup transpirer et il a perdu beaucoup de minéraux. À mesure que les jours passent, Christian s'est déminéralisé et carencé en vitamines. Il est arrivé au moment où le corps s'est épuisé. Rien de bien grave puisqu'il suffit de refaire le plein de minéraux et de vitamines pour que tout reparte... Voici la chronologie des évènements :
Mardi 17 juillet : après un bon petit-déjeuner, Christian fait une syncope. Après on ne sait pas combien de temps, Christian revient à lui. Il décide alors de tout embarquer et de se rendre au village en aval (à plus de 30 kilomètres). Après seulement 2 kilomètres, Christian sent que cela ne va pas bien et qu'il est en train de faire un second malaise. Il décide alors d'accoster au plus vite et de remonter à Nulato, un petit village à seulement 7 kilomètres. Le courant est fort mais il joue avec les contre courant pour remonter. Christian a très peur que cela soit un problème cardiaque. Le premier hopital est à Fairbanks. Cela veut dire que tout est terminé. Domage, après 2 600 kilomètres et seulement 500 pour terminer cette aventure. Christian vend son kayak et prend le premier avion (1 par semaine) et c'est aujourd'hui qu'il y a la rotation. Il entre àl'hopital de Faibanks pour une batterie d'examen.
Mercredi 18 juillet : les examens sont clairs, il est carencé en vitamines et minéraux. Ce n'est donc pas grave car il suffit de refaire le plein et de correctement s'alimenter.
Jeudi 19 juillet : Christian tente de contacter toute sa famille pour les informer de ce qu'il lui est arrivé et du fait qu'il n'ira pas plus loin.
Les jours passent et la famille est toujours injoignable...
Entre temps Christian retourne à Whitehorse en avion cette fois ci et découvre tout le chemin parcouru !!!
Une fois à Whitehorse, Christian mange à nouveau très varié et se refait une santé.
Samedi 28 juillet : après de nombreux échanges téléphonique et d'e-mail christian décide de venir me (Jean-Marc Perigaud) rejoindre à Inuvik et de venir faire la Wolverine et l'Anderson. Cela tombe bien car une des membre de l'équipe s'est fait mal à l'épaule et ne pense pas être très efficace à la porgression. C'est pas grave Didier, tu seras notre guest star, nous te ferons découvrir ces magnifiques paysages !!! Didier est caméraman. Cela tombe bien, il sera donc placé au milieu du canoe et pourra nous filmer et si tout va bien, pourra aussi nous aider par moment. Vous pourrez donc suivre la descente de la Wolverine et de l'Anderson en consultant le site.
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Jeudi 19 juillet: Attente de rustines
Je profite de mon arrêt forcé pour mettre un peu d'ordre. J'ai donc eu le temps de vous envoyer des photos que vous pouvez voir dans la galerie photo.
J'attends un kit de réparation qui vient de m'être envoyé de France. Je suis donc à Nulato pour quelques jours.
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Mardi 17 juillet: Catastrophe !
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J’ai un gros problème matériel avec mon kayak. En sortant de l'eau mon kayak sur la rive, je l’ai fendu sur 40 cm. Je pense qu’il devait y avoir une bouteille cassée ou quelque chose de tranchant au sol.
J’ai fait une réparation de fortune avec du "duck tape", du scotch argenté qui répare tout. Etant juste en aval d'un petit village, j'ai décidé d'y retourner pour réparer plus correctement mon kayak. Il m'a néanmoins fallu 2h pour y arriver. Heureusement qu'il y avait un gros contre courant pour m'alléger dans ma tâche.
Je suis donc au village de Nulato et tente de réparer mon kayak. Dans ma trousse de réparation j'ai de quoi réparter des trous et de petites fentes mais pas une si grande ouverture...
Je ne suis pas très optimiste pour la suite des opérations. La nuit porte conseil. On verra bien demain...
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Lundi 16 juillet: village fantôme
La journée de dimanche a été riche en action. Alors que samedi m’a permis de bien progresser de 30 à 35 miles quand bien même les courants étaient bizarres.
Par contre la journée de dimanche a été beaucoup moins efficace. Le matin, le ciel était noir, et j’ai attendu une légère éclairci vers 8h30 pour embarquer mais à peine parti une perturbation est arrivée en créant des vagues ! Par chance je suis passé par un petit bras, qui d’après les photos satellite avait l’air de passer. Ça m’a donc permi de me mettre à l’abri et de monter un camp de fortune…dans la boue!
Finalement le bras se termine sans problème 5-6 miles plus loin en débouchant sur un endroit protégé. J’en ai profité par passé par un village où il n’y avait rien ni personne dans les rues… Un vrai village fantôme alors qu'il y a des habitants. Je suis reparti aussi sec.
Je suis donc bloqué sur ma petite île et il vient à peine d’ arrêté de pleuvoir.
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Jeudi 12 juillet: 2000 km !
Me voila à présent à Galena soit 2 000 km en aval de Whitehorse. Etant très largement en avance sur mon planning et l'ayant égalment plannifié , je m'octroie 2 jours de répit dans un B&B à l'abis de tous les insectes possible. Je vais pouvoir me laver tranquillement. Quel bonheur de n'avoir qu'à tourner un bouton pour avoir de l'eau plus ou moins chaude !
Galena est une "grande ville" avec ses 833 habitants. D'ailleurs il y a 2 boutiques ! Du jamais vu ces derniers temps... Je vais pouvoir correctement faire le plein de provisions. Je suis dans les faubourgs. En effet, comme Galena est une "grande ville", le B&B s'est installé à plus de 3 km du "centre ville" ! Qu'il est dur de vivre dans les grandes agglomération ! Le propriété était venu me chercher en 4x4 pour emporter tout mon matériel. La difficulté d'être éloigné du village est qu'il m'est difficile d'aller en ville pour faire les courses. Je suis donc tributaire de son 4x4.
Pour revenir sur mon périple, le Yukon est à présent très large et fait de 2 à 4 kilomètres de large. Autant dire que je ne vois pas grand chose de se qui se passe sur la rive opposée. Le courant principal oscile entre les rives et îles. Je ne peux pas tout le temps le suivre car en après midi les orages sont très soudain et il me faut en quelques minutes sortir de l'eau. Je ne peux donc pas me trouver au milieu. Il m'arrive donc de naviguer dans des zones ou il n'y a plus de courant. Pire même... à la démesure du fleuve, il m'arrive de me trouver dans d'immense contre courant.
Dur dur... D'autant plus que les lignes droites sont interminables, que les virages font 20 km de long et que le vent est de Sud-Ouest, c'est à dire de face. Tout ceci est usant. Ces derniers temps les eaux du Yukon étaient à la baisse mais l'importance des orages de ces derniers jours font remonter le niveau d'eau.
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Lundi 9 juillet: beaucoup de fatigue
La Tanana est une énorme rivière qui a fait grossir le Yukon.
Je suis à présent à Rudy, un petit village de 248 habitants. Ici, dans les maison, il n'y a pas d'eau courante. Il y a une maison communautaire où tout le monde vient pour les douches, lavabos, machine à laver. Les gens ici sont vraiment adorables. Le lieu est magnifique.et suis arrivé à
Ruby après plusieurs étapes de nuit.
Ces derniers temps j'ai navigué de nuit. La
nuit est claire et les couleurs sont très belles. En revanche il m'est très difficile de dormir la journée
sous la tente avec une telle chaleur.
Les eaux de la rivière Tanana ont changé, le bassin
s'élargit et je dois à présent adapter ma navigation.
Par exemple, je ne dois plus naviguer sur le courant principale
si je veux avoir une chance de me rabattre sur un côté
de la rivière. Et ce n'est pas sans apporter de la fatigue!
Je vais maintenant revenir aux étapes de jour car, ne pas beaucoup
dormir la journée m'épuise...
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Jeudi 5 juillet : un canyon enfumé!
Aujourd'hui était une suite de très beaux cayons. Non pas
des canyons du colorado mais tout de même raides et encaissés.
Le dernier « rempart canyon » est un point où
l'on y trouve le dernier rapide de la rivière à ma connaissance.
Après discussion, un indien m'indique entre 2 passages, celui à
choisir: le gauche. Mais chose imprévue, un incendie enfumait tout
le canyon. La visibilité limitée à quelques dizaines
de mètres, m'obligea à me laisser porter par le rapide,
en me positionnant bien au centre.
Cet endroit est un véritable lieu à pêche, sûrement
chose liée de nombreux ours brun, d'ailleur peu farouches y vivent.
Quelques pygargues sont aussi observables.
Je suis à présent à quelques km après Tanana,
derrière une petite île, sur un banc de gravier.
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Lundi 2 juillet : 1530 km !
Ca y est, il me reste moins de chemin à parcourir que les kilomètres effectués depuis Whitehorse ! Et ce en moins d'un mois. Je suis bien en avance sur mon planning. C'est principalement dû au fait que jusqu'à présent je n'ai pas eu de problème de météo et que je n'ai pas eu à utiliser mes jours de sécurité. Le moral va très bien, tout comme la forme physique. Le seul petit bémol est la solitude...
Bonne nouvelle : j'ai enfin terminé la région des "Flats". Je vais donc avoir moins de stress sur la lecture de la rivière.
Les orages sont de plus en plus spectaculaires en fin de journée. Je me suis encore un peu plus déphasé en me levant à 3h du matin. Ceci dit, ici avec le soleil de minuit ce n'est pas pertubant.
Aujourd'hui, je suis arrivé à "Stevens village", un village qui n'a pas évolué depuis 100 ans. Pitka & George sont les deux seuls commerces. Ce sont de vieilles cabanes dans laquelle se battent en duel quelques boites de conserves. J'ai l'impression d'évoluer dans un autre temps. Cela ressemble aux vieilles photos de Dawson au début du XXe siècle. La population s'élève à 94 habitants.
Peu après je me suis arrêté au niveau de l'unique pont qui enjambe le Yukon dans tout l'Alaska. Il s'agit de la piste "Dalton Highway" qui relie Fairbanks à Prodhoe Bay. Cette piste, longue de 780 kilomètres à été ouverte en 1974. Elle sert à l'exploitation du pétrole qui se trouve au bord de la mer de Beaufort. Un pipeline a été construit le long de cette piste.
Autre bonne nouvelle. J'ai rencontré une allemande qui fait le
même parcours que moi. Depuis notre départ nous ne nous sommes
pas souvent vu car elle pagaye de nuit. La nuit en effet, après
les orages, tout est calme : pas de pluie, pas de vent et les couleurs
sont beaucoup plus chaudes. J'ai vu ses photos... je vais peut être
me mettre à en faire autant. Elle comme moi avions besoin de parler.
Cela nous a fait beaucoup de bien. Elle navigue avec un kayak à
armature en aluminium. Tous les soir avant de se coucher, elle monte la
cloture électrique pour se protéger des ours. Je dois dire
que jusqu'à présent je n'ai pas eu le courage et/ou le besoin
de monter moi aussi la cloture.
Ca y est les saumon sont là. Les indiens posent leurs filets à
la frontière entre courant et contre courant. Un des indiens m'a
d'ailleur donné un énorme filet de saumon frais. Je pense
qu'il devait y en avoir pour 2 personnes. C'était tellement bon,
que j'ai tout mangé!
Bon, je vous laisse, je suis invité à prendre un café.
A bientôt.
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Dimanche 1er juillet : une journée sabbatique
Depuis mon dernier message à Beaver, j'ai parcouru près
de 30km. J'ai ainsi campé sur une île très accueillante
mais chose que je n'avais pas pévue, l'île était très
exposée aux vents. Le lendemain vers 6h, alors que j'étais
prêt à repartir le vent soufflait déjà... j'ai
fini par me recoucher. Mais la journée m'a permis de résoudre
les petits problèmes de matériel qui s'accumulait, comme
une fermuture de la tente qui ne fonctionnait plus! Je vous laisse imaginer
la guerre contre les moustiques...
Par contre pour compenser cette journée, je me suis levée
le lendemain à 3h30 pour pouvoir partir à 5h45!
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Jeudi 28 juin : Beaver
Les jours passent et les kilomètres défilent. Je viens d'arriver à Beaver et ses 65 habitants. Ici pas grand chose d'intéressant : pas d'hotel pas de restaurant. Le "supermarché" est fermé alors je vais repartir pour m'arrêter un peu plus loin en aval sur une île.
Depuis quelques jours il y a pas mal de vent dans l'après midi. Et en fin de journée, des orages éclatent. Je m'organise donc différemment et profite de la présence du soleil 24h/24 pour me déphaser. En effet, je me lève à 4h30 pour pagayer un maximum de temps avant que le vent ne me gène trop. Les 300 derniers kilomètres se sont passés dans les "Flats" (cf. Lundi 25 juin). Ces innombrables îles, chenaux sont stressants car il me faut trouver le bon chenal. Alors, quand je n'arrive pas à me décider entre 2 chenaux, j'arrête de pagayer et me laisse dériver quelques instants et je vois ainsi de quel coté le courant principal se dirige. Je profite également du courant pour me laisser porter par ce dernier et faire de petites pauses. Il me faut être extrêment vigilant à la confluence de deux chenaux ou à l'arrivée d'un affluent car il y a beaucoup de vagues.
En milieu d'après midi, je cherche un endroit pour bivouaquer. À ce moment là, les choses sont terminées pour la navigation mais pas pour le reste. Il fait chaud et il m'est impossible de rentrer sous la tente à moins de vouloir prendre un sauna. Heureusement, je suis sur des îles et qu'il y a du vent. Je suis donc tranquille vis à vis des moustiques. Mon cauchemard, ce sont les taons ! Il y en a beaucoup.
Malgré les milliers de mètres cubes qui m'entourent, l'eau est un vrai problème. Nous sommes à la période des hautes eaux, et l'eau est très chargée en sédiments. Il m'est impossible de la boire. Mon filtre se bouche très rapidement et je ne peux donc pas l'utiliser. Cela me rappelle la Porcupine, en juillet 2000... Je fais donc bouillir de grosses marmites d'eau, la fais décanter, enlève les sédiments et recommence à faire bouillir... Que de travail pour bouvoir boire ! Voyant tout le travail que cela représente, j'utilise l'eau boueuse telle quelle pour manger. Ce sont les reins qui doivent être contents !
Coté faune, les oiseaux, canards et plongeons sont très nombreux. Sans oublier les sternes arctiques qui me gratifient de nombreux vols en piqué dès que je débarque. Il y a quelques traces de grizzlys. Les dernières étaient tellement fraîches, que je n'ai pas osé installer mon bivouac et que je suis reparti pour quelques kilomètres. Les traces de loups sont inexistantes et les orignaux ont disparus ! Les pygargues ont également disparu car vue la couleur de l'eau, ils ne peuvent pas voire les poissons.
Je vais bientôt croiser la route des saumons qui remontent le Yukon sur plus de 3 000 km. La vie est vraiment mal faite : ils remontent ce que je descends !
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Lundi 25 juin : Fort Yukon
Je viens d'arriver à Fort Yukon le lieu de confluence avec la Porcupine que j'ai pagayée en 2003.
J'ai franchi la ligne imaginaire
du cercle polaire et suis à présent dans la zone du soleil de minuit pour encore quelques jours avant que le Yukon ne change de direction pour aller vers le Sud-Ouest.
Voilà déjà 100 kilomètres que je navigue dans les "Flats". Les Flats qui signifie "plat" désigne une énorme région très plate dans laquelle le Yukon coule en se divisant en d'innombrables chenaux. Le risque est de prendre un enchaînement de mauvais bras et de se retrouver dans une zone sans courant et pire... sans eau. À ce moment là, il faut effectuer de très longs portages pour retrouver l'eau et le courant. Les Flats ont pour cette raison une mauvaise réputation d'autant plus que cette zone plate est souvent balayée par des vents ! Une fois de plus, je confirme que cette réputation n'est pas usurpée. On se sent vraiment minuscule au milieu de centaines d'îlots et de bras, c'est très impressionant.
Je ne regrette pas le travail de préparation sur google earth que j'avais effectué tout au long de ma préparation.
Au niveau de la faune, il y a beaucoup d'oiseaux, surtout dans les bras
calmes. Les sternes arctiques profitent de ces îles pour établir leurs nids, loin des éventuels prédateurs. Ma présence sur ces îles lors des bivouacs ne leur plait pas vraiment. J'ai donc droit à de régulières attaques en piquées lorsque je me rapproche de trop près de leur progéniture.
Jusqu'à présent j'ai eu de la chance sur les Flats car le vent est très clément avec moi. Si éole est toujours avec moi, je repartirai dès demain en direction de Beaver, prochaine étape.
Pour plus d'information sur la région des flats et sa richesse ornithologique, allez voir : Yukon
flats
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Jeudi 21 juin : Circle
Me voila à présent à Circle, petit village de 93 habitants. J'ai donc fait 1 111 km depuis mon départ de Whitehorse.
Peu après avoir débarqué, un gars curieux entame la conversation. Il me déconseille de monter la tente à coté de l'embarcadaire car même ici, au fin faond de l'Alaska, l'alcool continue à faire des ravages et que je risque d'avoir des dérangement pendant la nuit. Peu de temps après, un autre villageois invite à installer mon campement dans son jardin. Super! Pas besoin de réfléchir trop longtemps, j'accepte sa proposition. Nous mettons tout mon matériel dans son pick-up, et c'est parti...
Aujourd'hui, c'est le jour le plus long de l'année. Une messe de minuit est organisée au sommet de la montagne voisine "Eagle Summit" à 1 200 mètres d'altitude. Situé légèrement au dessous du cercle polaire, ses 1 200 mètres d'altitude permettent néanmoins de voir le soleil de minuit. La messe en plein air se déroule avec le soleil. Il s'ensuit un repas entre tous les participants.
--------------------------------------- Mardi 19 juin : 1 000 km et la visite d'un ours
Ca y est les 1 000 premiers kilomètres sont franchis ! Plus que 2 000 !
Les rencontres avec les orignaux sont nombreuses. Cela veut dire que la pression exercée par les chasseur n'est pas trop importante. J'ai également vu de nombreux cygnes trompette et des oies du Canada.
Hier, un visiteur est venu dans mon campement. Il s'agit d'un ours noir. N'ayant rien laissé traîner, il n'a fait que traverser le camp. Après cette petite frayeur, j'ai rangé ma "bear spray" - bombe à ours à base de piment.
Au loin, en aval, je vois les fumées d'un incendie de forêt. On verra bien...
--------------------------------------- Lundi 18 juin : bienvenue en Alaska
Les kilomètres défilent... Cette fois je suis sorti du Canada pour rentrer en Alaska! J'ai franchi
la frontière dans l'après-midi, qui n'est matérialisée
que par deux drapeaux !
Je suis ensuite arrivé à Eagle, le premier village où je me suis arrêté afin d'accomplir toutes les formalités administratives. Etant maintenant aux Etats-Unis, il faut montrer pattes blanches... J'en ai profiter pour changer mon régime alimentaire et manger un traditionnel hamberger. Ici, les restaurants n'ont rien à voir avec les notres en France.
Devenu un véritable ours, il m'était inconcevable de plater la tente en ville. Je suis donc reparti pour quelques kilomètres pour établir mon campement sur une île.
--------------------------------------- Samedi 16 juin : une magnifique étape
Je suis reparti de Dawson, et je suis à présent à
40 km de cette ville à l'île du mi-chemin « half
way island ».
Ma position est 64°17.380 N 139°55.648 W.
Ce tronçon de rivière est certainement le plus beau que
j'ai vu jusqu'à présent. C'est un passage peu fréquenté.
On peut croiser des sites historiques tout le long, mais en réalité
on en voit pas grande trace mise à part les noms et les écrits,
mais il faut peut être rentré dans la forêt...
--------------------------------------- Jeudi 14 juin : Bilan
Un petit bilan des premiers 700 km entre Whitehorse et Dawson s'impose!
L'élément le plus étonnant a été
les différences de niveau d'eau entre les differents affluents.
Un depart de Whitehorse sur un Yukon très bas. Le niveau du lac
Laberge le confirmait, où pouvait même voir les marques de niveau habituel plus d'un mètre au dessus du niveau actuel.
Sur thirty mile niveau du même ordre bien entendu. A la confluence de la Teslin, passage en mode crue... en raison des eaux de la Teslin
bien entendu. Une guide rencontrée à Carmacks pense que la raison est que le Yukon traverse de très grands lacs après
la chaîne côtiere, là où se fait la fonte de la neige et plus tard des glaciers.
La big salmon etait grosse mais sans excès. Par contre l'immense surprise avant hier était la White River, incroyablement basse. Du coup
l'influence sur la couleur des eaux du Yukon se voyait à peine. La White river prend sa source dans la grande chaîne du mont Logan
(autour de 6000 m) et ne traverse aucun lac, la fraîcheur étant de retour, la fonte a sans doute cessé en partie. Par contre
en dessous de la confluence on voit des marques de niveau d'eau récents nettement plus importants. Le lit, taille pour recevoir les eaux de
la White laisse du coup apparaître quelques petits bancs de gravier. ça c'est un autre enseignement, la difficulté pour improviser
un camp un peu n'importe où car les bancs de sable et de gravier sont sous l'eau. Même les camps en forêt posent parfois
problème car encore faut il trouver la place d'aborder de manière relativement confortable dans un contre courant.
Mardi soir j'ai installé mon camp sur un petit bout de banc de gravier à peine 20 ou 30 cm en dessus du niveau d'eau, avec quelques
inquiétudes... Mais je cherchais depuis près de 30 km, alors...
La meteo a été tout à fait juste, en particulier les orages depuis 3 jours. A noter un coup de vent vraiment très
brutal en avant d'un orage, juste après la confluence de la Stewart River. Très impressionnant de ne plus avancer avec un courant
aussi fort! Du coup je suis allé me mettre a l'abri dans un petit bras, le temps que ça se calme.
Pour ce qui est des animaux ils sont très difficiles à repérer car les zones sont basses et la végétation
peu dense. On les repère d'habitude sous l'eau et dans la forêt dense, on ne pêut les voir qu'au tout dernier moment, si eux ne
nous ont pas déjà vu.
Quant à Dawson, habituellement "grand centre" touristique, célèbre ville de la ruée vers l'or de la fin 19ème
début 20ème, est très calme, les gens sont très disponibles : not too busy for now.
J'aime vraiment cette petite ville, de quelques 2000 habitants je crois, et ne manque jamais une occasion d'y passer un moment! Je l'apprécie
d'autant plus avec cette ambiance décontractée et très peu de touristes.
ça me rapelle l'ambiance de septembre où j'ai eu l'occasion de m'y trouver, la boue, la pluie et le frais en moins...
--------------------------------------- Mercredi 13 juin : arrivée à Dawson
Je suis arrivé aujourd'hui à Dawson. J'avais prévu de fêter mon anniversaire (le 17) ici mais je suis pas mal en
avance car aucun des jours de "sécurité mauvais temps" n'a été utilisé alors que des étapes plus
longues que planifiées ont été faites.
J'avais prévu de passer deux jours ici et c'est bien ce que je vais faire! J'ai quelques problèmes de contenant pour le matériel
qui sont très mal adaptés au Nautiraid. Il faut que je résolve ça car le chargement est très difficile.
J'ai perdu mes gants, pas grand chose... sauf que du coup j'ai les mains pleines de coupures et de gercures! Pour dire, même tirer sur
une fermeture éclair est galère ! Bon, enfin je vais soigner ça et... racheter des gants...
--------------------------------------- Vendredi 8 juin: five fingers rapids
Aujourd'hui est une journée particulière puisque j'ai fait face aux « five fingers rapids ». Ce sont
quatre tours de basalte sur le fleuve qui créent une zone de rapides. Ce passage était redouté à l'époque de la
ruée vers l'or, puisqu'un seul doigt pouvait permettre au bateaux de passer. Le nom traditionnel du passage est Tthi Cho Nédéahe,
ce qui signifie rocher sur le lac.
C'est donc le doigt situé le plus à droite, qui est le passage le plus sûr. Pour peu que l'on suive bien la bonne
trajectoire, le passage est facile. En début de saison, par hautes eaux, ça brasse un peu quand même.
Je suis à présent à Merrice creek. Ma position
est 62°22'53" N et 56°34'53" W, à environ 60km de Carmacks.
--------------------------------------- Jeudi 7 juin: arrivé à Carmacks
Je suis arrivé hier soir mercredi à 16h à Carmacks
après une bonne étape sous la pluie du début à
la fin. Par contre la rivière avance bien, j'ai souvent progressé
à plus de 10 miles par heure.
Débarquement un peu sportif car il n'y avait pas de ponton,
il venait d'etre emporté par un arbre ! Et pratiquement
pas de contre courant non plus. Bref, le ponton a finalement été
retrouvé 3 miles plus bas.
Aujourd'hui je fais relache à Carmacks, premier village après
Whitehorse dont il est separé par environ 305 km de riviere.
Quelques achats d'appoint, sans oublier de boire une ou deux bieres.
Prochain village, presque ville avec ses 2000 habitants, Dawson city,
dans un peu plus de 400 km.
Le temps est tres beau aujourd'hui mais il souffle un vent beaucoup
plus frais que ces derniers jours.
--------------------------------------- Mardi 5 juin : première crue
Ma position est maintenant: 61°57mn1.24N 135°14mn3.25W
Je suis à présent sur une petite île à environ
220km de mon point de départ.
Ce qui est tout à fait surprenant, c'est qu'il y a à peine
24h le niveau d'eau était bas et quand à peine une nuit
l'eau est montée de façon incroyable pour laisser la rivière
en crue!
Du coup, je descend en même temps que les troncs d'arbre...rien
de dangereux... il suffit de regarder où on va, et puis, il n'y
en a pas tant que ça!
--------------------------------------- Dimanche 3 juin : c'est parti
Je suis parti hier de Whitehorse assez tard. Le lac n'était
pas vraiment fréqentable à cause du vent.
Je me suis posé à l'entrée du lac Laberge pour
dormir. Le vent étant tombé dans la nuit, je suis parti
tôt ce matin pour traverser le lac dans la journée. 60
km avec un kayak bien chargé ce n'est pas rien!
Bien épuisé, je suis à présent au lieu
où le Yukon ressort du lac et reprend du courant.
--------------------------------------- Vendredi 1er juin: prêt au départ
Les bagages sont arrivés hier en fin d'après midi. J'ai
monté le kayak ce matin et non sans mal! Ils avaient cassé
plusieurs pattes métaliques, ce qui en dit long sur l'importance
qu'ils accordent aux autocollants "fragile"...
Bref, j'ai trouvé des pièces en remplacement et le départ
est prévu demain matin avec un kayak bien chargé.
Le lac Laberge est maintenant libre, le temps est beau, mais toujours
assez venteux, particulierement sur la rivière.
--------------------------------------- Jeudi 31 mai : bonne nouvelle
La bonne nouvelle reste à verifier, mais Condor m'a annoncé avoir retrouvé les bagages, sans pouvoir me confirmer si il y a
bien les deux. Je suis supposé les recevoir cet apres midi. Si il n'y a pas de casse ou de perte, je devrai pouvoir partir vendredi ou
samedi matin.
Le temps est beau, frais le matin, par contre il y a beaucoup de vent. C'est bien car
ca devrait liberer le Laberge de la glace. Par contre avec un vent pareil il n'est sans doute pas très fréquentable.
Mais ça, c'est de l'ordre des aléas qui m'attendent pendant toutes ces semaines !
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mardi 29 mai : catastrophe !
Me voilà parti.
Je survole les mers, l'île de Banks, le continent, et je suis très surpris de voir à quel point la banquise est déjà fracturée.
Je ne voudrais pas en rajouter une couche sur le réchauffement global, mais ca y ressemble bien !
Me voila donc à Whitehorse, ça c'est la bonne nouvelle... La mauvaise
c'est qu'aucun de mes bagages qui voyagaient avec moi n'est arrivé...
Ils cherchent... Je me retrouve donc à Whitehorse avec seulement la moitié de mon kayak qui a voyagé par transporteur!! J'espere
que ce n'est pas perdu pour de bon, ça serait un peu la cata!
Sinon le lac
Laberge n'est semble-til pas encore libre de glace, j'attends des nouvelles
plus fraîches. Il semblerait qu'il y ait un chenal le long d'une
des rives mais je ne sais pas encore si elle va jusqu'au bout. Si lorsque
mes sacs seront arrivés ( je croise les doigts) le lac n'est pas
libre, une amie de Whitehorse m'emmenera en haut de la Teslin qui rejoint
le Yukon en dessous du lac. Ca rallonge un peu mais ce n'est pas grand
chose, surtout avec le courant. À bientôt avec de bonnes nouvelles j'espère...
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