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Récit d'aventure : Trekking Kanguerlussuaq - Sisimiut - 150 km à pied en 10 jours
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vue depuis la "chambre"

3h du matin, il fait déjà jour |
Longue journée. Décollage de Paris à 7h30 pour Kangerlussuaq via Copenhague. Nous avons survolé la côte est du Groenland et avons pu,
grâce à un temps dégagé, voir la dérive de la banquise. Avant de survoler la calotte glaciaire nous sommes passés au dessus de montagnes recouvertes de glace et et neige.
Arrivée, heure locale peu après 11h - il y a 4 heures de décalage - il fait 8°C et le temps est couvert. Après avoir acheté 2 cartes à loffice du
tourisme, fait le plein deau, nous sortons de laéroport et nous dirigeons vers la seule boutique où nous achetons un liquide inflammable pour le réchaud. La
bouteille du-dit liquide écrite en groënlandais ne me dit pas grand chose mais une photo de barbecue et de lampe font que Patrick fini par me convaincre de ladéquation de
la bouteille. Nous finissons lagencement de nos sacs. Une fois prêts, nous attaquons notre trek par une montée raide. En haut de cette côte, nous sommes
rafraîchis par quelques gouttes. Nous sortons nos capes de pluie et continuons à marcher pendant 2h30. Les lacs se succèdent tous les 500 mètres. Nous nous arrêtons au bord de
lun deux, montons la tente et sortons le matériel pour nous faire un thé. A ce moment, quelle surprise ! Le dit combustible refuse de prendre feu. Il faut se rendre
à lévidence cela ne fonctionnera jamais. Patrick et moi décidons de faire un aller-retour à Kangerlussuaq sans nos sacs et prendre cette fois de lessence. |
Arrivés au village peu après 17h, tout est fermé.
Nous avons du mal à trouver des gens pour les questionner. Nous passons devant la station
essence : fermée. Des villageois nous disent de revenir le lendemain matin. Nous avons du
mal à nous faire à cette idée. Soudain, oh miracle, une danoise arrive à la station,
ouvre la pompe et se sert en carburant. Nous en profitons pour lui prendre deux litres de
cet or noir pour seulement 10 Dkr. Après toutes ces péripéties, nous remontons à la
tente. En fin de journée, le soleil daigne se montrer. En passant sur de petits monts,
nous apercevons pour la première fois, au loin, la calotte glaciaire.
Après 2h45 de marche, nous retrouvons Laëtitia qui est restée au
camp de base. Le rituel du repas peut enfin prendre place après avoir rempli la vache à
eau. |
Vendredi 28 juin
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Réveil à 5 heures, il fait beau et nous nous mettons en actions pour le petit déjeuner. Ce dernier est dégusté tranquillement en écoutant le silence bientôt
perturbé par la ronde des moustiques. Pendant nos préparatifs, un lièvre arctique est venu nous voir.
A 8h, nous entamons une longue journée de marche.
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restes de caribous
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Étant entouré de monts très peu élevés et dune multitude de lacs, il mest impossible de connaître précisément ma
position. Nous avons donc marché toute la journée à la boussole sous un soleil très agréable. Ce nest quen fin de journée que jarrive à faire le point
sur la carte. Nous avons parcouru à vol doiseau une quinzaine de kilomètres.
Nous montons la tente au bord dun lac à côté dune adorable petite plage. Nous profitons du temps et du lac pour effectuer une grande toilette.
Laëtitia nous annonce avoir vu un caribou en allant là où même le roi va seul.
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Il fait chaud sous la tente. Je fais une tentative de couchage à la "belle étoile" mais renonce devant lattaque des moustiques.
Samedi 29 juin
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| Réveil à 5h30, avec les habitudes qui règlent notre journée, petit déjeuner, brossage des dents, pliages des affaires et départ vers 8h30. |

après avoir repéré la passage
le moins difficile,
nous traversons les torrents
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Nous avons à peine commencé à marcher quun renard bleu détale. Létat de fraîcheur de Laëtitia laisse à désirer. Dans les
montées, elle peine énormément. De plus, elle a une contracture dans le dos et ses fesses se sont fait littéralement dévorer par les moustiques, nous dit-elle. Nous
décidons de répartir une partie de sa charge pour lalléger. Patrick et moi sommes alors chargés denviron 35 kg chacun. La marche se poursuit sous un soleil écrasant
+ 25°C. Nous progressons en longeant de petits lacs. Les pieds chauffent. Parfois, une brise légère nous rafraîchit et chasse les moustiques qui ont transformé Laëtitia en
une grosse cloque.
Vers 16h, nous choisissons un terrain totalement plat et argileux pour planter le bivouac.
Laëtitia fait une crise de larmes : "je ny arriverai jamais". Le moral est bien bas, entre les moustiques et la fatigue.
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Alors que les coureurs du Tour de France sactivent (nous supposons), nous sortons de la tente vers 5h après une bonne nuit
réparatrice de 8h, un moral en hausse pour Laëtitia.
Le vent est tombé, les moustiques font leur apparition mais sans virulence car il fait frais 7°C.
Nous renonçons à faire un détour par la vallée des chutes deau pour aller tout droit. Nous approchons dun très grand lac - 35 km de long - le longeons puis montons pour avoir une meilleure vue, pour ne plus marcher en dévers et pour diminuer les attaques des moustiques en profitant du vent.
Il fait à nouveau très beau, le soleil tape.
Nous effectuons une pose "bouillon de pemican" pour que Laëtitia récupère. Nous apercevons au loin un caribou. Nous repartons pour une nième
montée et descendons dans la vallée suivante. Vers 3h, Patrick et Laëtitia réclament larrêt de notre marche journalière. Nayant pas deau à proximité, je
propose de monter à nouveau car daprès la carte, il y a des lacs un peu plus haut.
Finalement, nous nous arrêtons au bord dune mare deau croupie. Je monte la tente et les laisse se reposer. De mon côté, je monte au sommet de la montagne au dessus
de nous de manière à reconnaître le chemin du lendemain. Arrivé au sommet, je tombe nez à nez avec un caribou. Jai le vent dans le dos et suis dans laxe du
caribou Pourtant, ce dernier ne bouge pas. Je prends mon appareil photo et ré-arme. Malheur, la pellicule est finie. Je reste en tête à tête avec lui quelques secondes qui
me paraissent une éternité. Le caribou finit par sen aller. Je redescends au camp.
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Boire, boire... Il est dix heures et déjà deux heures dascension. Laëtitia est à lagonie, une mauvaise nuit à cause des
piqûres de moustiques sur ses fesses. Nous donnons rendez vous sur la montagne en face, sur ce qui nous paraît être un col. Patrick et moi faisons chacun notre itinéraire.
Laëtitia me suit de loin. Arrivé à ce qui devait être un col et qui est en fait un petit sommet en dessous dun autre un peu plus important, je pose mon sac en fait
demi-tour à la rencontre de Laëtitia. Impossible de la voir. 15 minutes sécoulent, 20, 25, 30. Toujours pas de Laëtitia. Ce nest quau bout de
45 minutes quelle fait surface sur le plus haut des sommets. Elle nous explique quau début, elle me suivait et quand elle ne ma plus vu, elle a changé de
cap pour suivre de loin Patrick. Or entre nos deux parcours il y avait un pierrier délicat. Elle a dû se faire des frayeurs.
Il fait exceptionnellement beau, pas un nuage, un ciel bleu, la montagne avec des lacs dans toutes les directions.
Catastrophe, Patrick a perdu les tennis de Laëtitia attachés à son sac. Voilà une raison supplémentaire dabandonner.
Dans un vallon encaissé, nous rencontrons un caribou. Je men approche et effectue quelques photos.
Nous nous arrêtons au pied du mont Pinto au bord dun torrent, ce qui permet dassocier une grande lessive et une toilette méticuleuse mais fraîche.
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Mardi 2 juillet
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Réveil de plus en plus tardif et départ à 8h30 pour fuir les moustiques mais ils nous retrouvent toujours. On termine au bord dun lac
dénommé 290 pour une toilette complète en présence doies rieuses.
Toutes les forces de Laëtitia sont tendues vers Sarfannguaq. Nous partons Patrick et moi, faire une reconnaissance du chemin du lendemain. Au bord du lac,
nous trouvons une barque et un peu plus loin un moteur de bateau.
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Réveil de bonne heure vers cinq heures. En labsence de vent, le lac est un véritable miroir.
Dès le début de la journée, la première difficulté nous retarde. Il sagit du passage du torrent dans lequel se déverse le lac. Le débit est
important et la cascade qui suit est un gros bouillon. Au début du torrent, la gorge est escarpée mais une enjambée est possible. Cest la solution que Patrick et moi
adoptons. La prise de risque est moyenne. Laëtitia ne voit pas les choses de la même manière et nose pas se risquer dans cette enjambée au dessus du vide où grondent
les eaux du torrent. Elle espère franchir le cours deau plus bas, mais le courant reste très rapide et le torrent est bien plus large. Elle finit par accepter de passer
par notre chemin, encordée avec notre aide. Patrick fait le pont, un pied sur chaque berge pendant que je tiens la corde qui la serre. |
Le temps est un peu plus couvert que dhabitude. Nous traversons nos premiers espaces enneigés. Les moustiques sont moins présents. En
revanche, les mouches, plus nombreuses, nous gênent plus. Même pendant la marche, elles nous tournent autour. Nous avons le plaisir den avaler par moment.
En fin de journée, nous rencontrons un couple de danois. Ils sont partis deux jours avant nous mais ont dû passer une journée complète sous la tente pour
cause de pluie. Nous leur offrons une de nos moustiquaires car les leurs nont pas darmature.
Nous nous arrêtons peu de temps après les avoir dépassés. Demain, nous serons à Sarfannguaq pour le bonheur de Laëtitia qui nen peut plus.
Cest surtout psychologique à notre avis. Cest le type de vie dans la nature qui ne lui convient pas.
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Cest le jour le plus frais depuis le début. La température est très bonne pour la marche. Nous avons rejoint à nouveau le couple de
Danois. En attendant Laëtitia qui fait des siennes pour traverser un torrent, nous photographions une mère lagopède et son petit.
Larrivée sur Sarfannguaq est magnifique. Nous surplombons le fjord qui sétale devant nous. Une langue de terre pointe vers lîle sur laquelle se trouve le village.
La descente est longue et difficile. Patrick fait une chute doù il en ressort avec quelques éraflures sur le genou et sur le front. Laëtitia se retrouve
bloquée dans la descente finale sur Sarfannguaq, jette le sac à dos pour sen sortir. Elle a préféré en faire à sa tête plutôt que de nous suivre.
Une trentaine de maisons vertes, jaunes, rouges et bleues se répartissent sur différents espaliers.
Un pêcheur nous fait traverser le petit bout le mer. Nous trouvons sur le port le seul homme parlant anglais. Nous trouvons par son intermédiaire un pêcheur
pour emmener Laëtitia à Sisimiut.
Nous achetons du sel et des Tampon Jex, achat de grande importance.
Nous refaisons nos sacs en donnant quatre jours de barres de céréales à Laëtitia car elle ne pourra rien faire cuire.
Nous retraversons le bout de mer et laissons Laëtitia avec le pêcheur.
Nous nous mettons en route, la pluie fait son apparition pour la deuxième fois de notre séjour. Nous remontons vers le lac et nous y arrêtons. Les
conditions météorologiques étant mauvaises, nous sommes contraints de manger sous la tente de bonne heure. A 18h30, il ne nous reste plus quà nous plonger dans la
lecture au fond du duvêt pendant que les gouttes crépitent sur la tente.
Plus de Laëtitia, plus de moustiques. Est ce une coïncidence ? Rien que de la pluie et de la brume. Nous sommes enfermés, la brume est descendue en nappe
ouatée tout autour de nous.
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Vendredi 5 juillet
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Il a plu une grande partie de la nuit. En sortant de la tente nous nous rendons compte que le plafond nuageux est très bas. Nous levons le
camp et après quelques minutes dascension, entrons dans le plafond nuageux où la visibilité est inférieure à 30 mètres. Je me retourne régulièrement pour rester en
contact visuel avec Patrick. Le lac que nous devions longer na jamais été visible. Nous montons dans la brume et finissons par descendre dans une vallée parallèle à celle
que nous devions prendre. Bilan, cela nous a coûté de refaire une nouvelle ascension pour rectifier le tir.
Nous posons le camp en face dune cabane isolée au dessus dune plage. Aujourdhui, cela a été notre plus dure journée de marche. Le temps se lève un peu.
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Samedi 6 juillet
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Le temps est couvert et le plafond est à nouveau bas. Nous remontons le long dun torrent et arrivons à un lac. A ce moment là, à
laide de la carte et de la boussole, je donne le cap à suivre. Nous arrivons peu de temps après dans la brume et continuons à la boussole. Aujourdhui
lorientation était un peu plus facile car nous devions passer le long de plusieurs lacs. Vers 10h30, le temps se lève et je fais à nouveau le point. Nous avons
effectivement bien progressé et nous trouvons exactement où nous voulions.
Après une dernière montée (400 mètres de dénivelé) nous arrivons sur un lac complètement gelé.
Je fais une tentative de nuit à lextérieur de la tente mais vers 10h une épaisse brume monte et me contraint à retourner sous la tente.
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Dimanche 7 juillet
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La nuit a été fraîche : 3°C sous la tente mais il fait beau. Nous sommes au dessus dune mer de nuage. Le temps se lève.
Après avoir plié le camp, nous effectuons une longue descente dans la neige dure. Marche dautant plus agréable que si la neige nétait pas là nous
devrions progresser dans un pierrier.
Nous nous arrêtons vers 12h pour déjeuner car nous sommes aux portes de Sisimiut. Après le déjeuner, nous allons "en ville" et allons jusquau
port. A coté des maisons se trouve une multitude de chiens de traîneaux attachés autour de petites cabanes au dessus desquelles sèchent des multitudes de poissons. En remontant
du port, nous rencontrons Laëtitia et profitons du fait quelle soit à lauberge de jeunesse pour y aller prendre une douche et y faire un peu de lessive. Une fois, beaux
comme des sous neufs, nous - Patrick et moi - remontons dans la montagne pour y poser notre tente.
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Journée derrance dans Sisimiut. Nous passons à lhéliport pour récupérer nos billets pour le bateau - la logique ? Je ne la
connais pas. Nous y apprenons par la même occasion que les places que nous avons, sont des places sur liste dattente. Il ne nous reste plus quà espérer quil
y aura assez de place pour nous !
Nous achetons de grosses miches de pain et les dévorons comme si nous navions pas mangé depuis longtemps.
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Tous les possesseurs de billets embarquent à partir de 19h. Viennent ensuite les groënlandais sur liste dattente. Le temps passe et il nous est toujours
interdit dentrer. Peu avant 20h, nous embarquons. Nous sommes les derniers à monter à bord. Nous arrivons dans la classe pont. Cela ressemble à des couchettes de trains
SNCF 1ère classe. Ayant embarqué à bord les derniers, il nous faut trouver des couchettes car les billets nétaient pas numérotés. Après avoir effectué deux
fois le tour du bateau, chacun de nous a trouvé une couchette. Un rapide tour de lexpress côtier pour sapercevoir quil y a même des douches. Génial...
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