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Dans un souci de
réduire le matériel emporté, il na pas pris la trousse à pharmacie. Le voilà donc contraint à se coucher et tenter de dormir. Pendant ce temps là, je me promène. Je
vais jusquà la cabane de P.E.Victor. Des boites de conserve rouillées traînent en grand nombre dans des failles. La cabane est en très bon état. Plusieurs câbles
empaquettent la cabane. Jose à peine imaginer la rudesse de lhiver. Il ny a pas de fenêtre du coté sud! Le soir, jemmène Patrick, en meilleure forme à la cabane. Après le dîner, le ciel étant toujours aussi bleu et la température pas trop faible, je décide de dormir dehors en haut sur la colline qui surplombe la baie. A 20h, il fait encore 13°C. Peu avant minuit, le soleil disparaît juste derrière la montagne et fait sa réapparition peu après. La température diminue légèrement. Ce nest que vers 3h que je revois le soleil car je me suis endormi entre temps. Samedi 13 juilletRéveil de bonne heure. Je redescend à la tente rejoindre Patrick. Je suis affamé et dévore mes céréales. Nous partons vers 9h avec de petits sacs à dos et marchons sur la moraine du glacier "Eqip". Peu après, nous pouvons admirer la baie dans sa totalité avec les torrents qui plongent dans la mer. Peu de temps après, nous arrivons sur linlandsis. Cest très impressionnant davoir devant soi un glacier à perte de vue sur 180°. A cet endroit, il fait beaucoup plus frais et les moustiques sont alors inexistants. Nous rentrons à la tente en début daprès-midi. Nous retournons ensuite à nos lectures. Avant de lire la moindre ligne, je méquipe en tenue de combat "lecture" : jenfile chacune de mes jambes dans un sac pour éviter les piqûres de moustiques au niveau des chevilles. En fin daprès-midi un petit bateau arrive dans la baie. De ce bateau, il en sort 7 touristes danois. Ces derniers font une tentative pour aller jusquà la cabane de P.E.Victor. Seuls trois dentre eux iront jusquau bout de cette "aventure" (30 minutes de marche). Les autres y ont renoncé pour cause de moustiques. Ces touristes nous demandent comment nous faisons pour vivre avec tout ces moustiques. Les deux livres que jai lu concernant les expéditions de P.E.Victor faisaient état de traces de chenilles encore apparentes sur les rochers. Hier et aujourdhui, jai cherché en vain ces traces à mon grand désespoir. Demain nous repartirons pour Ilulissat. Dans le livre dor, nombreux sont les gens qui y font allusion. Ils disent avoir fait le chemin au cours de randonnées dune dizaine dheures. Je sais, par ailleurs, que le chemin fait 8 kilomètres. Le fait de penser que je suis venu jusquici pour ne pas les trouver me gêne. Il est 23h, je décide donc de partir à nouveau à la recherche de ces traces en prenant avec moi une gourde et une polaire. A 23h30 je suis à nouveau à la cabane. Jen profite pour laisser quelques mots sur le livre dor. En remontant au-dessus de la cabane je devine des traces et décide de les suivre. Il sagit bien de ces fameuses trâces. Je décide de les remonter à pas de course pendant deux heures et faire demi-tour ensuite car je nai pas dix heures. Le soleil est à lhorizontale et génère des couleurs formidables dans les tons oranges. Il y a cependant un vent important, ce qui me contraint à enfiler la polaire. A 2h30, jarrive enfin en bout de piste. Et là, quelle déception ! Tout le matériel à été laissé par terre, il y a un énorme tas de boîtes de conserves rouillées, des poulies, des câbles, des chenilles. Vu lheure avancée, je me mets sur la route du retour. Peu de temps après, jai la visite dune petite renarde qui sapproche de moi à moins de cinq mètres. A mon grand désespoir, je suis dans le creux dune vallée, il ny a pas de soleil et la prendre en photo est une mission difficile car elle bouge en permanence. Elle me suit pendant dix bonnes minutes. Je réintègre la tente vers 4h. Dimanche 14 juilletCest le retour vers Ilulissat avec aujourdhui une petite journée en perspective : 28 km. Lobjectif est de sarrêter sur lîle den face à Ataa dans une maison appartenant au syndicat dinitiative dIlulissat. Le soleil est au milieu dun ciel bleu, avec à lhorizon quelques nuages qui se battent en duel au-dessus des montagnes. La mer est dhuile, nous avançons facilement puis sortons de la baie. Nous avons ensuite une très légère houle qui nous pousse. Nous arrivons de bonne heure à Ataa, un village abandonné depuis plus de 50 ans. Il ne reste plus quune maison. Elle est en très bon état permettant quatre couchages au rez-de-chaussée et six au premier étage. Il y a un poil à essence, un lavabo. Le grand luxe ! Le grand avantage : la tranquillité vis à vis des moustiques, une table et des bancs pour dîner. Nous profitons de la longue après midi quil nous reste pour faire une toilette et une lessive dans un torrent glacé. Pendant que je remplis la vache à eau, je perds le bouchon. Pendant plus dune demi-heure, nous arpentons le torrent à la recherche de ce dernier. Sans succès. Le soleil est passé derrière la montagne et lombre glacée sétend sur nous.
A peine arrivé à Ilulissat, nous nous empressons dacheter des glaces. Cela fait trois jours que jai très faim. Jai grillé toutes les graisses et suis sec. Nous devenons des spécialistes concernant les glaces Magnum et XL voire XXL. Nous retrouvons Laëtitia et Guillaume. Je dois intervenir sur leur réchaud. Ils ont réussi à tout boucher le lendemain de notre départ alors quil fonctionnait très bien (je leur avais passé le modèle neuf qui navait fonctionné que dix jours). Nous nous installons à côté du glacier. Mercredi 17 juilletPatrick et moi effectuons une petite ballade le long du glacier. Nous nous contentons dune petite balade car le ciel est gris menaçant. Nous nous rendons sur le site de Sermermiut où nous voyons le reste des festins juste au-dessus de la plage. Nous voyons également la falaise aux suicides. La fameuse falaise aux suicides ! Dans le temps quand une personne devenait une charge pour le village, il était de bon ton daller se suicider. Aussi, lorsque le chef de famille décédait, le reste de la famille devait aller se suicider de gré ou de force. Il était rare que cela soit de force car les Inuit avaient un très fort honneur. Nous effectuons à nouveau une ballade le long du glacier en le longeant sur une quinzaine de kilomètres. Le soir, le glacier a décidé de se donner en spectacle. Cest la débâcle. Il y a des craquements de partout. Des icebergs petits, moyens et immenses se détachent. Le spectacle au réveil est merveilleux. Il y a des icebergs partout. La baie de Disko est littéralement envahie dicebergs sur des kilomètres. Un bateau de pêcheur lutte pour se frayer un chemin au beau milieu de ces derniers. Le port dIlulissat a doublé de population. En effet, un grand nombre dicebergs sont venus se garer au bord des ponts. Derniers adieux à Silver - notre loueur de kayak...
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