TRANS-GROENLAND  2005


avant le départ - problème logistique - récit d'expédition - retour d'expédition - album photos

Récit d'aventure : Transgroenland 2005 - traversée d'Isertoq à Kangerlussuaq

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Samedi 23 avril : Nous effectuons les courses en composant avec ce que les magasins disposent.

Dimanche 24 avril : Dernier jour avant le départ pour Isertoq. Nous finalisons la liste du matériel que nous louons auprès de “The Red House”

Lundi 25 avril : Désistement de dernière minute. Nous (David et moi même, jean-marc) ne sommes plus que deux.
Nous décollons pour Isertoq après avoir réceptionné le matériel adéquat pour notre semaine d´expédition. 30 minutes plus tard nous atterrissons au dessus d’Isertoq. Nous tractons nos pulka jusqu’à la mer où Pilippus, un chasseur, nous attend dans son petit bateau de 15 pieds. Le temps est couvert mais le fjord d’Isertoq est libre de glace. Nous progressions sans encombre jusqu’à ce que la banquise nous bloque. De la, nous déchargeons le bateau sur une banquise détrempée avec beaucoup de “slush” (neige gorgée d’eau). Nous sommes a 3 kilomètres du glacier. Nous sommes contraints de faire quelque détours afin d’éviter les grosses flaques profonde d’environ 40 centimètres. Ma pulka trop chargée en hauteur se renverse a plusieurs reprises des que le dévers se ressent.
Après de nombreuses discutions avec les locaux a Tasiilaq et l’observation du glacier, nous arrivons au pied du glacier, a l’endroit le plus approprie pour monter. Nous sommes au pied d’un mur de glace non crevassé avec en surface de la slush (pour changer…). Nous déchargeons les polkas et effectuons des aller/retour afin de monter tout notre équipement. Nous nous mettons à deux pour monter les pulkas : le premier en équilibre grâce aux bâtons, tractant à l’aide du harnais et le second poussant par dessous. Après bien des efforts, tout le matériel est regroupé à 15 mètres au dessus de la banquise. La pluie fait son apparition. Nous rechargeons les polkas et repartons. La pluie nous accompagne toute l’après midi. Heureusement, notre équipement Halti (veste et sur pantalon) nous permet de rester au sec… appréciable quand il est impossible de faire sécher quoi que ce soit sous la tente. La surface du glacier n’est qu’un enchaînement de slush et de flaques d’eau croutées en surface mais qui cède systématiquement sous notre poids. En fin de journée, les pieds trempés, nous décidons de monter le campement. Impossible de trouver une surface “sèche”. Quelque soit l’endroit où l’on se trouve, l’épaisseur de neige qui recouvre le glacier (15 a 50 cm) est gorgée d’eau sur le 15 derniers centimètres !
Après avoir trouvé l’emplacement idéale avec 50 centimètres de neige nous déplions la bâche puis montons la tente dessus. Nous mettons également une bâche dans l’abside avant quelle ne se transforme en pataugeoire. La slush… terrible. Le seul avantage réside dans le fait de pouvoir obtenir facilement de l’eau pour boire, en effet, il suffit de creuser 30 cm et de remplir un verre. Après nous être changés et nous être mis au chaud dans nos combinaisons Pyrenex nous nous attaquons à la partie réconfort : notre premier repas sur la calotte…
Bien fatigués par une journée forte en émotion et une bonne journée de progression, nous nous endormons, bercés par la pluie et la neige. Je me réveille régulièrement et secoue la tente de manière à faire tomber la neige et à décharger la toile de tente pour éviter que les tissus ne se touchent et que nous soyons mouillés.

Mardi 26 avril : Heureusement que nos tentes sont imperméables car cela n’a pas arrêté de la nuit. Pour nous remonter le moral, nos montres Polar nous indiquent une augmentation de pression de 5 mb. Heureusement quelles nous le dissent car dehors, le temps est toujours aussi couvert et il neige toujours autant. De plus le plafond est très bas et les nuages ne sont qu’à 250 m d’altitude. Il nous suffirait de léger la tête pour que cette dernière soit dans les nuage. Voulant faire confiance à nos montres, nous ralentissons les préparatifs pour n’être prêt que 3 heures plus tard. Pendant ce même laps de temps nous avons gagné encore 2 mb… mais il neige toujours et le temps est toujours bouché.
En milieu d'après midi, la neige s’arrête. Toute la journée nous progressons dans la slush et terminons les pieds encore trempés.

Mercredi 27 avril : La nuit a été un peu plus fraîche avec -3°C et du vent soit environ -10°C. Le baromètre est encore monté de 2 mb : nous sommes sur la bonne pente… Le temps se lève et le soleil fait son apparition. Le froid et le vent ont eu pour conséquence de regeler la surface des flaques et de présenter une surface plus dure. Ainsi, nous ne passons à travers cette couche de glace que peu de fois. Le soleil nous permet de naviguer en nous servant de nos ombres. De petites bédières (torrents de surfaces sur les glaciers) nous contraignent à faire des détours.
Après avoir atteint plus de 600 mètres d’altitude et découvert 2 nunatak qui ne figurent pas sur la carte, nous estimons avoir rempli notre mission à partir du moment où nous ne pouvions pas traverser la calotte pour des problèmes de logistique et ensuite administratif. En effet, nous nous étions fixés comme nouvelles missions :
- de ramener une expérience positive malgré les problèmes rencontrés par l’absence de matériel
- de découvrir le chemin d’accès à la calotte de manière à préparer l’expédition 2006
- de valider définitivement notre matériel (nous enverrons à nos partenaires, un rapport détaillé sur l’adéquation du matériel avec le terrain rencontré)
- d’évaluer les risques inhérents : slush, crevasses, bédières…
- de ramener des images de façon à mieux présenter l’expédition 2006 et à pouvoir montrer à tous les enfants qui nous ont suivi des images de ce qu’est une calotte glacière, les inuit du Groenland…
Lors de notre descente, le vent a tourné radicalement de 180 degrés pour venir de la calotte. Froid… il nous refroidit rapidement. La descente est rapide car la neige est dure.
Nous montons donc notre dernier campement sur la calotte avant de rentrer. Cela nous permet aussi de nous mettre un peu à l’abri des ours qui fréquentent rarement la calotte.
Après de nombreuses tentatives, nous arrivons à réserver le bateau pour le lendemain.

Jeudi 28 avril
: La nuit a été fraîche. Tout liquide a gèle. David a dormi complètement habillé tandis que j’avais la chance d’avoir les chaussons en plume Pyrenex ( grosses chaussettes en duvet, renforcées, permettant de marcher dans la neige).
Le vent a bien soufflé et la neige en surface est très dure. Le soleil fait son apparition à 5 heures du matin et le glacier ainsi éclairé est magnifique. Avec beaucoup de précautions, nous descendons le mur de glace totalement croûté, qui nous laisse peu de prises pour enfoncer les talons.
La banquise est totalement regelée en surface et nous progressions en ligne droite.
Pilippus est au RdV avec une demi heure d’avance : du jamais vu chez les Inuit !
Le retour en bateau sur le fjord encombré de bourguignons (petits morceaux d’icebergs), de morceaux de banquise et d’icebergs est magnifique, d’autant plus qu’il n’y a pas un souffle d’air et que la mer est d’huile… Images somptueuses…
Le retour anticipé depuis le bout du monde (côte Est du Groenland) n’est pas chose aisée car il y a peu de places libres dans les avions.

Vendredi 29 avril : pas de vol...

Samedi 30 avril : vol en hélicoptère de Tasiilaq à Kulusuk et en avion de Kulusuk à Kanguerlussuaq : nous venons de traverser le Groenland en avion... quelle frustation de ne pas être sur les skis. Nous survolons la zone où nous avions progressé et voyons même les deux nunatak à partir desquels nous avons fait demi tour.

Dimanche 1 mai
: pas de vol le dimanche... Nous partons à pied effectuer les 25 kilomètres qui séparent Kanguerlussuaq de la calotte. C'est de là que nous aurions dû arriver. Nous avons vu 2 rennes et une vingtaine de boeufs musqués.

Lundi 2 mai : vol retour surprise sur Coppenhague. En effet les places ne se sont libérées que 20 minutes avant le départ.

Mardi 3 mai : jour de chance (à nouveau) car nous avons réussi à trouver 2 places pour rentrer sur Paris.

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