 |
                                      |
Carnet de route : Trekking dans le parc national de TUKTUT NOGAIT
Territoires du Nord-Ouest - Canada
-------------------------------------------
Prévision météo de Paulatuk sur 5 jours
---------------------------------
Après trois jours de préparation sous le soleil et le vent, nous quittons Paulatuk et nous dirigeons vers le Parc National de Tuktut Nogait, créé en 1996 afin de protéger de l’exploitation minière les terres que les caribous occupent pour donner naissance aux petits.
La rivière Hornaday est une rivière au bassin fluvial très important. Après avoir cherché le meilleur passage possible, c'est à dire l'endroit où elle est la plus large et donc la moins profonde, nous effectuons chacun 3 allers-retours afin de tout acheminer sur l’autre rive. La rivière est large de plus de cent mètres, mais le courant n’est pas trop important. De retour sur terre, la progression est laborieuse car le terrain est totalement défoncé par la présence de hummocks de toundra. Ces monticules, hauts de près de cinquante centimètres, nous ralentissent à chaque pas. De plus nous sommes horriblement chargés de plus de 75 kilogrammes par personne. Quand le terrain devient un véritable enfer, nous ne progressons que de 6 kilomètres dans la journée. Une fois notre camp de base atteint, nous effectuons un dépôt de nourriture non loin de la rivière Brock. Nous en repartons avec moins de 40 kilogrammes chacun. Un sac dans le dos et un second sac sur le ventre… Nous avons l’impression de voler et parcourons aisément, 15 kilomètres quotidiennement. Une fois la rivière Brock atteinte, nous établissons notre campement. Nous surplombons les grands méandres.
Assis à observer le paysage, nous découvrons un grizzly en contre bas. Il se déplace nonchalamment et s’arrête régulièrement pour creuser et se nourrir de racines. À mesure que le temps passe, il poursuit son chemin qui le mène dans notre direction. À moins de 100 mètres, j’estime qu’il faut agir et commence à parler à voix haute. Cela l’arrête net. Il nous regarde, se dresse sur ses pattes pour mieux nous identifier, puis détale. Le vent toujours présent nous protège des moustiques. Nous remontons le long de la Brock et découvrons ce magnifique canyon digne des grands parcs américains. Ce canyon a été préservé de l’érosion glaciaire car lors de la dernière période glaciaire ces terres étaient libres de glaces. Elles ont d’ailleurs permis à la faune et la flore d’y trouver refuge avant de pouvoir à nouveau recoloniser les terres à mesure que la calotte glaciaire fondait.
La pluie, anormalement présente en août, nous ralentit et gonfle les rivières, nous rendant les traversées plus difficiles. Un soir, nous sommes contraint d’interrompre notre dîner suite à une inondation. En effet, après trois heures de forte pluie, l’eau ruisselle sur le sol. Très vite, un ru se forme. Nous déplaçons les tentes dans lesquelles nous resterons bloqués plus de 24 heures en raison de fortes précipitations. À la première accalmie, nous reprenons notre progression. Cette journée restera gravée à jamais dans nos mémoires tellement nous avons été rincés, trempés jusqu’aux os. Non seulement l’eau pénètre à l’intérieur des vêtements grâce à la complicité du vent, mais nous faisons quelques traversées de rivières avec de l’eau jusqu’à la taille. Pas besoin de douche pour ce soir ! Nous regagnons notre camp de base, nous réapprovisionnons et partons cette fois pour la rivière Hornaday. La pluie fait place au vent. L’absence d’abris nous expose, nous et notre matériel. Les arceaux des tentes se plient, mais ne cèdent pas, tels des roseaux.
Météo Canada nous annonce une fenêtre de beau temps de 48 heures dans 5 jours. Nous remontons la Hornaday et découvrons cet autre canyon extraordinaire. Après 5 jours de marche nous atteignons la rivière Alkak. Et ce qui devait arriver, arrive… Le beau temps. Les 2 premiers jours depuis 2 semaines !
Telle une expédition punitive, nous nous équipons du strict minimum et effectuons 2 journées d’expéditions éclairs afin d’atteindre notre ultime objectif : les chutes de la Roncière. Après 35 kilomètres le premier jour et 40 le second, nous atteignons enfin notre but.
Il nous faut à présent, retourner à Paulatuk. Le temps se gâte et la pluie est notre lot quotidien. Traverser les rivières devient de plus en plus problématique. À l’aller, l’eau en dessous des genoux permettait une traversée sans grande difficulté et revanche, au retour, l’eau est au-dessus de mi-cuisse et le courant est beaucoup plus fort. Traverser devient très délicat car les fortes pluies apportent de la terre dans l’eau et il nous est difficile de voir où nous posons les pieds. Le niveau de la Hornaday monte à vue d’œil. Il suffit le soir, de faire un cairn pour constater de la montée des eaux le lendemain matin. L'eau monte de 30 cm toutes les 12 heures. Une nuit, la pluie s'est même transformée en neige ! Nous arrivons au terme de notre expédition, à l’endroit le plus propice pour traverser la Hornaday. Très étalée, sur près de 100 mètres de large, il est néanmoins impossible de la traverser, l’eau est montée vraisemblablement de près d’un mètre par rapport à notre précédent passage et le courant a décuplé. À moins d’attendre une bonne semaine en espérant l’arrêt des pluies, il nous faut trouver une autre solution pour rentrer. Connaissant la présence d’un camp de pêche en aval, au bord de la baie de Darnley, je décide de nous y rendre. Notre chemin croise la route d’une mère grizzly accompagnée de ses deux petits. Nous atteignons les tentes prospecteurs. Les pêheurs sont bien là, mais les forts vents empêchent toute navigation. Nous passons deux jours en compagnies d’Anne, d’Andy… et partageons soupes de caribous, grillades d’ombles chevaliers. Nous profitons d’une accalmie le troisième jour pour rentrer avec eux en bateau à Paulatuk.
17/08 et 18/08 - jour 16 et 17 : progression sous les couleurs de l'été indien
Les couleurs magnifiques de l'été indien se sont installées et malgré le manque de soleil, ils ont
pu profiter de ces instants pour faire des photos. Ils ont pu aussi apercevoir un magnifique grizzly traversant au pas de charge devant eux! Ils n'ont
jamais su pourquoi il était si pressé! Le mercredi la neige est tombée sur les sommets autour d'eux. Aujourd'hui le temps est
encore très pluvieux et ils ont donc décidé de rester sous la tente en attendant des jours meilleurs, a priori la journée
de vendredi va être un peu plus ensoleillée.
16/08 - jour 15 : le but de l'expédition est atteint !
Toujours sous un magnifique soleil et après un aller retour de 40kms, leur but a été atteint : les chutes
de La roncière! Il parait que le paysage vaut tous les efforts réalisés : une merveille! Il aurait fallu attendre quelques
heures que le soleil tourne pour prendre les plus belles photos, mais il fallait aussi retourner au camp situé à une vingtaine
de kms, il a donc fallu repartir avec regret... Maintenant, c'est l'heure du retour vers Paulatuk qui va se faire tranquillement sur plusieurs jours.
En effet, une partie de l'équipe est épuisée physiquement et ils comptent donc prendre leur temps pour se reposer un peu (si l'on
peut parler de repos dans ces conditions!) et prendre d'autres photos le long du trajet. Ils devraient donc mettre un peu plus de 3 jours pour
revenir. Mais il nous faudra attendre fin septembre pour voir les plus belles photos de l'expédition sur le site...
15/08 - jour 14 : 35kms dans les canyons
Le soleil étant toujours présent, ce fut
une superbe journée : 35kms passés à arpenter les
magnifiques canyons de la Hornaday, les couleurs étaient superbes
et les paysages de toute beauté. Ils ont pu voir plusieurs hardes
de caribous, le plus souvent des femelles avec leurs petits.
13/08 et 14/08 - jours 12 et 13 : le long des canyons de la Hornaday
Le samedi 13, ils ont pu apercevoir un magnifique troupeau de boeufs musqués de 31 têtes! très impressionnant!
Le dimanche 14, enfin le soleil était au rendez-vous et ils ont pu voir un grizzly qui mangeait des baies.
11/08 et 12/08 - jours 10 et 11 : retour sur la Hornaday
Ils ont rejoint leur dépôt de nourriture
et ensuite, ils sont arrivés au bord de la Hornaday. Malheureusement le temps était encore très "capricieux" et le
vendredi 12, ils sont restés toute la journée sous la tente à cause de la tempête.
09/08 et 10/08 : jours 8 et 9 : vent, pluie et brouillard...
Mardi a été un jour de tempête : ils ont encore été obligés de rester sous la tente plus
de 6h sous les bourrasques de vent et les trombes d'eau. Les piquets ne tenaient plus tellement le sol était trempé. En quelques
minutes à un moment, ils se sont retrouvés avec une piscine dans la tente : ils ont été obligés de trouver un
autre endroit et de replanter la tente en pleine tempête. Le mercredi était le jour où il devait repartir au dépôt
de nourriture car ils n'ont plus grand chose avec eux : ils ont donc fait 19 kms dans le brouillard (ils n'y voyaient pas à 100m), sous la
pluie et le vent ils étaient trempés jusqu'aux os. Il y avait environ 15 cm d'eau dans la toundra, ils avaient donc les pieds
trempés en permanence, et lorsqu'il y avait de la terre, elle s'était transformée en boue où ils s'enfonçaient jusqu'aux
chevilles. Une petite rivière qu'ils avaient traversée à l'aller, était devenue très grande! ils ont donc été
obligés de faire un détour de 2kms pour trouver un endroit praticable et encore ils avaient de l'eau jusqu'à la taille pour
traverser. Ce matin a priori le temps était meilleur, ils voyaient le soleil au loin sur la mer et il y avait beaucoup plus de visibilité.
Ils doivent donc reprendre les affaires laissées au dépôt et remonter le long de la Hornaday pour rejoindre leur objectif principal
: les magnifiques chutes de la Roncière; ils devraient y être dans une semaine environ. Sur leur chemin, ils referont un dépôt
de nourriture pour être plus légers. Espérons que le temps sera plus clément, en particulier quand ils seront dans
les canyons ou au bord des chutes d'eau!!!
07/08 et 08/08 - jours 6 et 7 : descente dans le canyon
Le dimanche où ils devaient descendre dans le canyon, il y avait beaucoup de brouillard au début. Ils ont tout de même
pu voir un boeuf musqué et un 2ième grizzly. Quand ils sont arrivés au niveau de la rivière, le temps s'est un peu levé,
malheureusement peu de soleil. Mais ils ont pu assister à un spectacle magnifique : des congères de 2m50 environ s'étaient formées
sur la rivière, la glace était bien bleutée et il parait que c'était de toute beauté. Le lundi ils ont à
peu près passé plus de 15h sous la tente car il y a eu énormément de vent et de la pluie, donc impossible de faire la moindre randonnée
intéressante. Ils ont décidé pour le mardi de retourner dans le canyon si le temps est plus clément, et mercredi et jeudi
ce seront 2 jours consacrés au retour vers le dépôt de nourriture, pour ensuite partir sur la Hornaday. D'après la
météo, le temps va s'améliorer un peu à partir de jeudi. L'avantage c'est que les températures ont baissé
et qu'ils n'avaient donc quasiment plus de moustiques et de mouches noires ce qui est bien appréciable!!!
06/08 - 5ième jour : rencontre avec le grizzly
Ce matin-là, ils ont voulu partir plus tard à cause de l'orage. Quand ils sont sortis des tentes après les averses,
ils se sont aperçus qu'un magnifique grizzly était en train de retourner la terre pour manger les racines pas très loin de
leur bivouac : bien sûr la séance photos a débuté aussitôt! Puis ils sont rentrés quand l'ours a commencé
à s'éloigner un peu. Mais peu de temps après, ils se sont aperçus qu'il était revenu et de plus en plus près
de leurs tentes! Ils ont préféré prendre avec eux les bombes à ours (sorte de gaz avec beaucoup de poivre pour les
arrêter s'ils attaquent) et ils ont ressorti leurs appareils photo pour profiter au maximum de ce spectacle rare. L'ours s'approchant toujours,
sans les avoir véritablement identifiés, ils ont décidé de parler à voix haute pour le dissuader d'approcher vraiment de
trop près! A ce moment-là celui-ci a eu la bonne idée de se lever sur ses pattes arrières pour voir ce qu'il se passait
: le rêve pour tout photographe animalier! Puis il s'est éloigné tranquillement. Toute l'équipe était ravie de ce spectacle
et des photos qu'ils ont pu faire : pour nous, il va falloir attendre fin septembre pour voir ces fameuses photos sur le site... Ensuite ils
ont passé la journée sous le brouillard : le matin ils ont fait des montées très physiques, ils ont pu voir un caribou,
et ont déjeuné ensuite sur le plateau, au bord d'un canyon. En fin de journée, avec le vent tout s'est levé avec grand
bleu et ils ont pu voir les magnifiques paysages qui se trouvaient autour d'eux. Les canyons sont remarquables, dans le style de Brice canyon aux
Etats-Unis avec beaucoup de relief accidenté. Le soir ils ont établi leur bivouac au bord du canyon et ils ont prévu pour le dimanche
de descendre au niveau des rapides et de progresser ainsi, si c'est possible, au niveau même de la rivière.
05/08 - 4ième jour : bivouac sur la Brock
Ce 4ième jour a été marqué par une longue marche pour rejoindre la rivière Brock et ses canyons.
Ils ont pu observer 6 cygnes avant d'établir leur bivouac au bord de la rivière.
04/08 - 3ième jour
Malgré environ 9 h de marche par jour, ils ont beaucoup de mal pour progresser : en effet, non seulement le terrain est
extrêmement accidenté (en particulier hummock et polygones de toundra), mais aussi le poids de leur matériel est beaucoup
trop élevé : certains chariots 3T pèsent 70kgs! Ils ont donc décidé de déposer un maximum de nourriture
où ils se trouvent, entre les rivières Hornaday et Brock, de partir voir les merveilles de la Brock (en particulier les superbes
canyons), ensuite de revenir au dépôt de nourriture, pour partir enfin sur la Hornaday voir d'autres canyons et les fameuses chutes
d'eau. Cette solution va leur permettre de progresser plus rapidement et donc de voir plus de choses. Durant ce 3ième jour, ils ont pu
voir un caribou qui avait décidé de jouer à la star devant les photographes! A priori ils ont pu le photographier de près
et sous toutes les coutures, comme si ça lui plaisait d'être le centre des attentions! Ils ont vu aussi beaucoup de traces du passage
d'ours (empruntes, excréments et terriers d'écureuil retournés) mais ils n'ont pas encore fait de rencontres, sachant que les ours sont
normalement nombreux plutôt sur la Hornaday. Ils avaient l'air assez fatigués de porter autant de poids dans des conditions de terrain
très difficiles, et il faut espérer que leur décision leur "donnera des ailes"...
03/08 - 2ième jour du début de l'expédition
Toute l'équipe est en forme car ils ont enfin pu récupérer tous leurs bagages mardi et ils ont donc entamé
leur expédition en suivant. Ils ont subi de gros orages mardi mais ils ont pu tout de même observer 1 renard roux, 1 caribou et 4 lagopèdes.
Ils ont dormi à côté du Rat lake. Ce matin, ils ont traversé à nouveau la rivière Hornaday sous la pluie
et ils viennent de commencer à remonter sur le plateau. A l'heure actuelle, il est 13h pour eux et ils venaient juste de s'arrêter
pour casser une croûte!!! Leur but est maintenant de rejoindre le delta de la Brock, la rivière où se situent de superbes canyons. Suite de l'aventure surement vendredi...
01/08 - bivouac près de Paulatuk
Finalement, ils n'ont pu prendre qu'une petite partie de leurs bagages : en particulier quasiment pas de nourriture pour le petit déjeuner et une petite tente pour 4! Jean Marc a donc passé 3 nuits à la belle étoile, sous des températures avoisinant les 0°C! Ils ont installé leur
bivouac à 7kms environ de Paulatuk afin de pouvoir faire des randonnées en attendant le reste des bagages, mais sans être trop loin de l'aéroport.
Dimanche 31 juillet, ils ont donc décidé de faire une reconnaissance du futur trajet en partant traverser la rivière Hornaday : l'eau
était à 11°C! Cette randonnée leur a permis d'admirer et de photographier de nombreuses fleurs (en particulier des pédiculaires)
ce qui est rare au mois d'août dans cette partie du monde. Ils ont pu aussi admirer des petits écureuils et des lalbes à longue queue.
29/07 : vol pour Paulatuk
Peu de temps avant de prendre l'avion, la compagnie leur a annoncé qu'ils avaient beaucoup trop de bagages (environ 250
kgs de matériel et de nourriture). Ils ont donc été obligés de reconditionner leurs sacs en 2 parties, deux options
s'offrant à eux : soit la compagnie peut arriver à tout prendre en même temps suivant le poids des bagages
des autres passagers, soit ils doivent prendre seulement une partie de leurs bagages, commencer l'expédition et revenir à Paulatuk
mardi prochain pour récupérer le matériel restant envoyé par l'avion suivant. A l'heure actuelle, nous ne savons
pas encore s'ils ont pu commencer leur parcours avec tout le matèriel. Suite au prochain épisode!
28/07 : arrivée à Inuvik.
Dernières formalités (Parc National, police, courses de dernières minutes). Suite à une longue discussion
avec un spécialiste du parc de Tuktut Nogait, l'équipe a changé le parcours initial : une boucle moins grande, mais beaucoup
plus de temps passé dans chaque endroit exceptionnel du parc, en particulier les différents canyons, les rapides, les chutes d'eau, l'observation des grizzlys nombreux dans le parc...
27/07 : départ de France avec 160 kg de matériel
|
 |