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Récit d'aventure : Entre Taïga et océan Arctique

Rivière Wolverine, Carnwath et Anderson ou l’impossible distanciation - TNO - Canada

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Récit de Marie, une des coéquipières en août 2006
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Résumé

Entre Taïga et océan arctique

loup

Sur la Wolverine, vous naviguerez sur une rivière étroite et sinueuse avec peu de courant au milieu de la taïga qui n'est présente que le long du lit de la rivière. A mesure que vous progresserez la rivière s'élargira et les arbres rapetisseront. La Anderson est une rivière beaucoup plus large, transparente. Les rives sont riches en pois de senteur dont les grizzlys sont friants. Les loups profitent également des rives pour faire le tour de leur territoire.
Vous évoluerez de la taïga à l'océan arctique en passant par la toundra cotière. Ce milieu abrite une faune abondante : grizzlys, loups, caribous de la Bluenose, pygargue, bernaches, oiseaux migrateurs et plus rarement glouton, renard, lynx, porc-épic…

Jour 1

Enfin arrivés !

8 heures d’avion jusqu’à Montréal, 3 heures d’attente puis 6 heures de vol pour Edmonton, une courte nuit dans un motel proche de l’aéroport et encore quelques heures pour Inuvik via Yellowknife.
Jean-Marc nous attend à l’aéroport, tout bronzé de son premier séjour sur la Wind, le temps a été, nous dit-il, exceptionnel… Espérons que cela dure quoique ces températures estivales ne favorisent pas forcément l’arrivée des couleurs de l’été indien que nous espérons voir apparaître à la fin de notre séjour.
Nous serons 6 pour les 17 prochains jours sur les rivières Wolverine, Carnwath et Anderson.
Dès nos bagages récupérés, nous sommes emmenés à la base d’hydravion par Dave, le gérant du Bed & Breakfast d’Inuvik. Jean-Marc nous distribue à chacun un sac étanche dans lequel nous bourrons pêle-mêle toutes nos affaires. L’hydravion décolle et l’aventure commence. Pendant 1 heure nous survolons les paysages quasi-lunaires de la taïga et de la toundra arctique. De l’eau partout, des lacs, des rivières, des marécages, des arbres plus ou moins disséminés mais surtout, pas une maison, pas une route, pas un chantier, pas une trace d’activité humaine. Jean-Marc et les pilotes déterminent l’endroit où nous amerrirons. Ce ne sera pas au lac initialement prévu mais un peu plus en amont afin d’éviter un portage qui pourrait s’avérer difficile. L’amerrissage se fait sur un petit lac sans nom dans les herbes et les moustiques. Nous débarquons tout notre barda, l’hydravion repart, les pilotes en signe d’adieu passent très bas au-dessus de nos têtes en remuant les ailes. Nous montons le canoë vert en toile avec armature aluminium et partons camper de l’autre côté du lac.
A peine 5 mn de traversée et les équipages se sont déjà formés.
Bruno et Florence, le couple du groupe, venus ensemble du Poitou partageront le canoë rouge.
Excellents naturalistes, ils connaissent très bien la faune et la flore, ils nous épateront chaque jour par l’étendue de leur savoir. Florence a apporté un appareil photo quasi-professionnel et un nombre impressionnant de pellicules. Partageant cette passion avec Jean-Marc, nous les verrons souvent tous les deux dans des positions pas toujours très orthodoxes mitrailler petites fleurs et batraciens… Bruno, c’est le coureur de bois, il repère tous les animaux à des kilomètres à la ronde, c’est lui qui, sur chaque promontoire, nous indiquera que le petit point marron qui bouge derrière le 3ème lac à droite, devant le 6ème petit bosquet tout à gauche est en fait un gros grizzli.

Dans le canoë vert en toile : Jean-Marc et Pierre.
Pierre, c’est le doyen de notre groupe (et de loin). Il a 76 ans ! Et se déclare l’ami des ours et part toujours se promener sans sa bombe (à ours) au grand désespoir de Jean-Marc. Pierre a la particularité de collectionner les bonnets mais de ne jamais les mettre, même quand il fait très froid. Pierre est un grand voyageur et connaît bien chaque coin de la terre.
A l’arrière, Jean-Marc, donne de grands coups de pagaie, amples et très efficaces. C’est un passionné du Grand Nord, son enthousiasme est communicatif. Attentif, curieux, il répond à toutes nos questions en s’activant à toutes les tâches nécessaires au camp. Outre les spaghettis aux raviolis et les pâtes en « coude » aux spaghettis, Jean-Marc est un spécialiste de la confection de gâteaux au chocolat ou aux myrtilles cuits sur réchaud à essence. Ses gâteaux aux œufs entiers transportés amoureusement tout le long du trajet dans une boite protectrice, font le délice de tous.

Dans le canoë bleu, Erwann et moi-même (Marie).
Le hasard a fait que nous nous retrouvions quelques années après avoir descendu ensemble la rivière Bloodvein au Manitoba. Nous avons tous d’eux attrapé le virus du canoë et des grands espaces canadiens. C’est un vrai plaisir de pagayer ensemble, synchronisés, de force équivalente, alternant chaque jour nos positions dans le canoë, nous formons une équipe fort agréable.
C’est à Erwann que l’on doit la théorie philosophique de « l’impossible distanciation » qui synthétise  bien les sentiments que ce voyage a imprimé en chacun de nous. Cette théorie peut se résumer par la forte impression vécue à l’issue de cette expérience du décalage difficilement exprimable entre la vie « civilisée » et cette plongée dans la nature intouchée par l’homme et plus particulièrement à cause de la rencontre quotidienne avec les animaux dans leur milieu propre, là où l’homme n’est qu’un modeste « invité».

Nous montons notre premier camp en peu en hauteur, dans les myrtilles, les saules et les lichens qui forment un matelas moelleux.

Jour 2

Réveillé par l’odeur du feu annonciatrice du petit-déjeuner, nous nous préparons pour notre première journée de canoë.

Nous traversons le lac et entrons directement dans la rivière.
La Wolverine qui signifie glouton ou carcajou en anglais, est un affluent de la Carnwath qui elle-même est un affluent du fleuve Anderson. Nous pagaierons 6 jours sur la Wolverine.

Au début, la rivière est très étroite et l’horizon fermé. Elle serpente en épingle à cheveux, large de 4 à 8 mètres, chaque tournant semble annoncer une nouvelle surprise.
C’est ainsi qu’à l’amorce d’un tournant, nous tombons sur le premier ours. Tout d’abord nous ne le voyons pas, c’est un bruit et un mouvement inhabituel dans le silence de la rivière qui nous alerte. Lui, nous a vu depuis longtemps et son premier reflex est la fuite, puis, il se retourne, charge et repart, en jetant des coups d’œil derrière lui. Tout en pagayant à reculons pour ne pas nous rapprocher, nous le suivons du regard, il y a un petit, perché dans un arbre.
L’ours se lève sur ses deux pattes pour jauger la situation. Nous nous rendons compte à ce moment là, qu’il ne s’agit pas d’un ours mais d’une ourse et de son petit ! Le petit est descendu de l’arbre, et sa mère, rassurée, s’éloigne en soufflant.
Sans doute, était-ce pour elle sa première rencontre avec des êtres humains ! Rétrospectivement, nous avons eu peur et prendrons garde, à l’avenir, de toujours avoir à potée de main, notre bombe à ours, même si cet accessoire, ultime barrière d’une dangereuse promiscuité paraît bien dérisoire face à la force d’un ours.
Nous ne le savons pas encore mais cette rencontre est la première d’une longue série…
Notre second camp est en hauteur et pas très facile d’accès.
Il fait beau, certains se baignent.
Jean-Marc et Erwann se taillent à la machette un emplacement pour leur tente. Il y a des myrtilles partout.
Le soir, après le dîner, nous essuyons une grosse averse qui réveille les moustiques et un tas de petites mouches très énervantes. A 1 heure du matin, il fait encore grand jour et nous avons du mal à aller nous coucher. Ce sont les mouches qui nous pousseront à nous enfermer dans les tentes.

Jour 3

Cours de botanique

La rivière est toujours très étroite et l’horizon bouché, à la première occasion, nous nous arrêtons pour prendre un peu de hauteur. C’est notre première balade. Une courte traversée dans les hummocks - grosses touffes d’herbe entourées d’eau où tout l’art est de poser le pied au bon endroit, pas trop au-dessus des touffes instables mais pas à côté non plus sous peine d’avoir les pieds trempés… ce qui ne manque jamais d’arriver de toute façon - suivie d’une rapide montée dans les cassiopes tétragones, myrtilles, airelles, thé du labrador… et toutes autres plantes arctiques bien connues de Jean-Marc qui partage cette passion avec Florence et Bruno, et nous voilà en haut.
Ca fait plaisir de prendre un peu de hauteur, nous pouvons mesurer ainsi à quel point nous sommes éloignés de tout : des lacs partout, des zones marécageuses, des forêts, la Wolverine qui serpente encaissée dans son rideau d’arbre. Nous ne soupçonnons pas la présence proche de multitudes de petits lacs lorsque nous sommes dans l’encaissement de la rivière. Nous n’apercevons pas d’animaux hormis quelques cygnes et canards, posés sur les lacs.
Les moustiques nous accompagnent et dévorent avec délectation du sang frais. La rivière est trop étroite pour que ces petites bêtes agressives, terreur des grands espaces canadiens, épargnent l’espace entre les rives.
Le soir, grand luxe, nous trouvons une plage en guise de camp. Erwann se met à la pêche et prend un brochet que nous dégusterons le soir même. La pluie nous accompagne toute la soirée et une bonne partie de la nuit.
Dégoulinant, nous rejoindrons avec bonheur nos abris de toile et la chaleur de nos sacs de couchage.

Jour 4

Bonne pêche  !

Heureusement, le lendemain matin, la pluie a cessé malgré un ciel bien bas. La température a baissé et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle… les moustiques nous laissent un peu de répits. Nous partons tardivement.
Le midi, nous nous empressons de faire un feu pour nos premières nouilles chinoises, il fait plus frais et humide, je tente à mon tour de pêcher et attrape un brochet que l’on gardera pour le soir. Aujourd’hui nous avons rencontré notre premier groupe de bernaches du Canada. Ce sont de grosses oies pataudes qui utilisent la technique de l’autruche pour ne pas se faire attraper : la tête sous l’eau, leur corps immobile…mais est-ce vraiment sans risque ? Un coup de pagaie et…. la tentation est grande de se faire une belle oie rôtie pour le dîner, notre éthique naturaliste reste la meilleure arme contre nos instincts chasseurs !
Peu avant l’arrivée au camp, nous apercevons un gros nid perché en haut d’un arbre, c’est un pygargue à tête blanche, qui, en nous voyant, se met à tournoyer autour de nous en poussant des cris. A l’intérieur un nid, il y a un jeune de l’année.
Le soir, nous campons dans la ciboulette qui agrémentera le brochet pêché. Fort de ce premier succès, je me remets à la pêche, un gros brochet vient narguer mon hameçon sans jamais mordre. Bruno et moi attrapons chacun un ombre arctique pas plus gros qu’une sardine mais néanmoins délicieux !

Jour 5

Il fait très beau et les moustiques ont quasiment disparu, le rêve !

Les bernaches sont de plus en plus nombreuses, accompagnées de huarts et plongeons qui eux aussi suivent le chemin de la migration automnale. A midi, petite balade dans les hauteurs, nous profitons du temps et de la longueur des journées pour avancer. A la pause « barres de céréales » de l’après-midi, Jean-Marc et Pierre en profitent pour passer devant et tombent nez à nez avec un ours, occupé à pêcher sur une plage…
Peu de temps après, Erwann et moi avons rejoint le canoë de tête et nous apercevons tous les 4, un carcajou ! La rencontre a été trop rapide pour prendre une photo, cet animal qui donne son nom à la rivière est rare à observer en pleine nature, farouche et connu pour être tenace et féroce. Florence et Bruno n’auront pas eu le temps, à leur grande déception de voir cet animal mythique du grand Nord.
Nous nous éloignons un peu du territoire du carcajou avant de chercher un camp. Une grande plage de galets, couverte de fientes d’oiseaux fera notre affaire pour la nuit.
Il fait beau et chaud et nous en profitons pour se baigner et se laver. La soirée est belle.
Nous apercevons un castor qui aurait bien remonté la rivière si ce groupe de bête bizarre que nous sommes à ses yeux, ne lui barrait pas le passage. Aucun succès à la pêche ce soir, nous finissons le repas par une infusion de thé du labrador.

Jour 6

Un loup blanc !

Notre plus belle émotion a été la superbe rencontre avec un loup arctique, blanc et majestueux. Debout sur la plage, maître incontesté des lieux, il nous a regardé passer sans crainte, tout juste étonné de cette rencontre inhabituelle. De notre côté, emmêlés dans les broussailles dans lesquelles cette rencontre étonnante nous avait poussés, ma pagaie perdue dans l’émotion et la recherche de mon appareil photo, je me suis sentie bien petite et maladroite face à la majesté de ce superbe animal.
Ayant pris un peu d’avance, Erwann et moi attendons en silence, les deux autres canoës, quand, à l’approche de Florence et Bruno, un autre loup est sorti des fourrés juste devant nous. Il devait s’être caché en espérant nous voir partir, mais l’arrivée d’un second canoë l’a fait sortir de sa cachette. La plage du déjeuner est propice à une longue pause, de belles épilobes agrémentent les lieux. Malheureusement cette belle plage sera une des dernières de la journée. Le soir, la recherche du campement est difficile. Les rives herbeuses et marécageuses laissent peu d’espace pour nos 4 tentes.

Jour 7

Réchauffement de la planète.

La journée a commencé sous la pluie pour laisser la place à un beau soleil et une chaleur étonnante sous ces latitudes. Deux balades, « scientifiques », pour étudier le permafrost ou pergélisol, c’est à dire un sous-sol gelé en permanence. Ces glissements de terrain récents sont le résultat direct du réchauffement de la planète.
Si aujourd’hui nous sommes en T-shirt, nous ne pouvons pas oublier que la température moyenne annuelle est de –10 °C.

Jour 8

Arrivée sur la Carnwath

Nous avons quitté la Wolverine et sommes aujourd’hui sur la Carnwath. La rivière s’élargit, les rives s’élèvent, la pente multiplie les glissements de terrain, les arbres entraînés dans le glissement forment comme un gros tas de « mikado».
La journée a été assez courte, nous tombons sur une superbe plage, devant un petit rapide qui se jette dans l’Anderson. La plage est parsemée de trace de loups et d’ours. A pied, nous parcourons les quelques centaines de mètres qui nous conduisent à l’Anderson. Ce fleuve, large et beaucoup plus puissant, se jette dans la mer de Beaufort. Chaque année, une poignée de canoës/kayaks suivent l’Anderson depuis le lac Colville, il y a quelques rapides, en amont, qui sont réputés « sportifs ». Les traces d’animaux (ours, loups, caribous…) sur les rives sont très nombreuses. Nous nous attendons à trouver le lendemain quelques rapides de classe II. Il faudra penser à préparer les sacs et les canoës en prévision d’un chavirage. Le camp, par sa beauté, fait plaisir à tous. Sable, soleil, pêche, repos… le camp idéal ! Erwann et moi partons en canoë chercher du bois sur l’autre rive, la soirée s’annonce belle et le feu de camp en fait assurément partie. Chouette, ce soir, on mange des spaghettis !

Jour 9

Voila la Anderson

Finalement, il n’y a pas de rapides sur l’Anderson ! Le courant est plus fort, on avance vite, la rivière est de plus en plus large et de plus en plus droite, à tel point que l’on a parfois l’impression d’être sur un lac.
Quand il y a du vent, c’est dur. On pagaie, on pagaie et le tournant d’après ne semble jamais arriver !
A midi, balade sur les hauteurs, la crête chauve semble avoir essuyé un incendie ancien. La vue est superbe, nos yeux et nos jumelles scrutent l’horizon à la recherche de vie animale. Pierre qui est redescendu, se baigne. Il a beau crawler à contre-courant, il n’avance pas d’un poil, le courant est assurément plus fort ! On repart, Erwann et moi tentons la pêche à la traine et ne réussissons qu’à emmêler la ligne que l’on finira par couper. Nous repérons un bel omble arctique mort, flottant le ventre à l’air, qui compensera notre piètre expérience de pêcheur et épatera bien le reste de l’équipe. La bonne blague ! Au loin, les autres regardent quelque chose, c’est un loup qui marche le long de la rive. Notre présence ne le dérange pas, il poursuit au trot son parcours sur le bord, ce qui nous permet de l’observer un bon petit bout de temps. Au  moment de repartir, un autre loup sort pour repartir immédiatement dans les fourrés. Nous faisons une pause à un petit affluent pour essayer de pêcher « pour de vrai » mais sans succès. Un goéland nous accompagne et se repait de « notre » omble. Nous repartons avec la vision des loups en tête. Ces apparitions sont de vrais moments de grâce. Sur nos frêles mais rassurantes embarcations nous mesurons tous la chance d’être témoins de ces rares et authentiques rencontres. Chacun se surprend à philosopher sur la place de l’homme dans la nature. La journée du lendemain nous en donnera, plus encore, l’occasion …

Jour 10

Les hurlements des loups

Après une nuit dans les cailloux sur une longue ligne droite, nous repartons. Nos 3 canoës restent regroupés pour profiter au mieux des rencontres à venir.
Ce sont les loups que nous entendons en premiers, des hurlements courts et nombreux, puis nous voyons un ours se dresser, il semble jauger la situation sans vraiment regarder vers nous. Que font ces loups et cet ours ensemble ? Un loup saute, l’ours se redresse une seconde fois. Chacun continue son chemin, la situation est bizarre, apparemment l’ours, solitaire, n’a fait que traverser le territoire des loups qui lui ont manifesté leur mécontentement. Encore une fois, je m’émerveille d’avoir été témoin de cette rencontre d’un certain point de vue assez anodine mais qui témoigne des rapports entretenus entre ces 2 animaux puissants que sont l’ours et le loup dans ces territoires arctiques.
Un peu en aval, nous tombons sur une cabine météo, notre première rencontre avec quelque chose en lien avec la civilisation. Comme la plupart des cabines du Grand Nord, elle est ouverte. Sommaire, on y trouve quelques lits, des provisions souvent périmées, un poêle, des instruments de mesure météo fonctionnant à l’énergie solaire. Nous nous amusons à lire le carnet de bord. Le dernier message date de l’été précédent, il s’agit souvent de canoéistes ou kayakistes qui ont descendu l’Anderson, pour la plupart scandinaves ou allemands. Personne n’a descendu la Wolverine. Nous laissons le premier message en français. Quelques messages font état de bœufs musqués vus proche de la cabane, nous espérons tous en voir bientôt. Nous repartons. Quelques kilomètres plus loin, nous visitons une autre cabane en ruine, belle mais pas très ancienne, beaucoup plus rustique, en rondin, typique des cabanes de trappeur. Jack London a-t-il vécu ici ?
Le midi, nous déjeunons au bord d’un petit affluent, il fait très beau, c’est l’endroit idéal pour pêcher. Je sors mon attirail et pêche un assez beau brochet en regard de ma maigre expérience. Au loin en aval, tout au long de notre repas, nous observons à la jumelle, une ourse et ses deux petits. Ils suivent la rive sans se presser, les reverrons nous plus tard ? Peu après notre départ, je vois un gros ours solitaire, le temps de le montrer aux autres, il nous a vus, il nous regarde puis part en courant tel un bulldozer, nous l’entendrons longtemps s’éloigner dans les bois en écrasant tout sur son passage. Voilà un ours que je n’aurais pas aimé rencontrer sur la terre ferme. Peu de temps après, nous observons des cygnes à bec noir. majestueux, nous ne nous lassons pas de les observer. C’est un vrai plaisir que de les regarder courir sur l’eau pour prendre l’élan nécessaire à un décollage digne d’un A320. Leur long cou a un rôle essentiel pour créer un équilibre qui semble parfois précaire en regard du poids de leur majestueux corps.
Enfin le camp ! nous ramassons une grande quantité de bois. Les soirées autour du feu s’allongent chaque jour un peu plus. Pierre se baigne, je me lave, Florence pêche, Bruno cherche un emplacement pour la tente, Jean-Marc fait chauffer de l’eau. C’est Erwann qui en premier les aperçoit : l’ourse et ses deux petits ! Ils sont en amont, nous les avons dépassés sans nous en rendre compte.
Ils sont sur la même rive que nous mais traversent brusquement. L’ourse a l’air un peu inquiète, elle se hâte sur la rive opposée, les petits suivent en s’amusant. Nous nous sommes tous assis, jumelles, caméscopes et appareils photos à la main pour les observer. Tout à coup, la mère entre de nouveau dans l’eau et entame une nouvelle traversée. Un peu en arrière, batifolant, les petits suivent. Le vent est contre nous, l’ourse ne nous a encore ni vus ni sentis. Pourtant, le courant, dans cette grande ligne droite, est assez fort et les ours dérivent droit vers nous ! Nous nous levons, parlons fort pour nous signaler et lui faire rebrousser chemin mais il est trop tard ! L’ourse, trop proche de la rive, sort en courant et en hurlant à quelques mètres de nous. Son premier réflexe est de courir vers la forêt mais les petits n’ont, eux, pas eu le temps de rejoindre la rive. Ils dérivent, passent devant nous et nous dépassent. Mon cerveau humain voit rouge. Avec les ours, une seule règle : ne pas se mettre entre la mère et les petits ! Deux instincts incommunicables s’affrontent, deux forces se jaugent, les actions et réactions sont des deux côtés mesurées mais restent aléatoires. Jean-Marc nous ordonne de rester groupés, l’union fait la force. Nous prenons ce qui nous passe sous la main : pagaie, cailloux et bombe à ours.
L’ourse sort, tourne en grognant sur la plage et charge. Nous lui lançons des cailloux pour l’impressionner. Dans sa charge, l’ourse roule sur les galets et tombe. Surprise, elle repart en grognant mais reste sur la plage, elle voudrait passer, rejoindre ses petits qui ont échoué sur une grosse île à quelques centaines de mètres.
Jean-Marc nous dit de remonter la rive sur le bord de l’eau afin de lui laisser la voie libre.
Pierre qui est resté en maillot de bain veut rejoindre le feu protecteur. L’ourse qui a entamé un contournement sur la plage, est perturbé par ces actions contradictoires et rejoint en grognant la forêt pour en ressortir aussitôt pour une nouvelle charge d’intimidation. (là je ne sais plus trop, il y a bien eu 2 charges mais quand était la 2ème ?????)
Nouveau jets de cailloux, elle repart en s’enfonçant dans les bois, nous pouvons l’entendre grogner, elle semble tenter un contournement éloigné mais nous l’entendons revenir, elle ne se résout pas à passer cette ligne imaginaire que dans son esprit d’ours nous formons jusqu’à loin dans la forêt.
Ses retours insistants au point de départ nous font sentir qu’elle ne se résoudra pas à passer et que cette confrontation peut devenir dangereuse, nous décidons de plier bagage.
Nous parcourons une distance suffisante pour ne pas risquer une nouvelle rencontre et trouvons une belle plage, sur la rive opposée. Chacun revit en soi et à sa manière cette incroyable aventure. Il est tard, nous préparons le camp. Lors du dîner, alors que nous partageons nos impressions respectives sur ce que nous venons de vivre, Bruno aperçoit au loin un caribou, puis un deuxième avec des bois superbes !!! Ce sont les premiers d’une longue série !

Jour 11

Les caribous

Bien au chaud au fond de mon sac de couchage, j’entends des voix parler de caribous…Deux autres superbes mâles sont encore là ce matin. La journée s’annonce superbe. Nous prenons notre petit-déjeuner en les observant. Chacun est encore imprégné de la rencontre de la veille avec l’ours et ses oursons. A-t-on eu de la chance de tomber sur un ours peu agressif ? A-t-on fait une erreur en ne se manifestant pas assez tôt ? Que se serait-il passé si nous n’étions pas partis ? Aurait-elle fini par attaquer ou par passer ? « L’impossible distanciation » est ressentie très fortement, ce matin-là. Quelle est notre place d’homme dans ce monde là ?
La matinée est déjà bien entamée quand nous sommes enfin prêts à partir. Il fait beau et juste assez frais pour ne pas souffrir des moustiques qui ont définitivement disparus sur cette partie du voyage. Nous croisons encore un ours, un gros grizzli placide et très occupé à gratter des racines de pois de senteur et à se gaver de myrtilles et autres baies. Nous prenons le temps de le regarder et lui aussi…avant de finir par déguerpir sans grande hâte….Sur une plage, deux beaux caribous se laissent observer longuement. Puis dans un tournant, deux autres qui courent de concert dans les premières couleurs de l’automne. Nous ne nous lassons pas de les observer et de nous étonner de leur curiosité à notre égard.
Juste avant notre pause de midi, nous avons vu une tente apparemment vide. Des chasseurs ? Quelques signes indiquent que cet endroit, accessible en bateau à moteur depuis la côte, est un lieu de rencontre pour la chasse et/ou la pêche.
Le midi, nous nous arrêtons sur une plage avec de beaux galets rouges qui éclatés, offrent de belles couleurs irisées. Nos naturalistes alourdissent leurs sacs de ces trophées mais personne ne sait vraiment de quel type de pierre il s’agit. Nous montons nous promener sur les hauteurs admirer la grandeur du paysage, les courbes de la rivière, la multiplicité des points d’eaux et savourer, tout simplement, le plaisir et la chance d’être là.

Les nouilles chinoises vite englouties nous repartons. Nous rencontrons d’autres caribous sur la rive ou traversant devant nous la rivière pour poursuivre le chemin de leur migration. Nous repérons des bois tombés l’année précédente.
Au cours de la soirée, le campement bien installé, la corvée de bois accomplie, nous observons notre 15ème ours…il marche sur la plage, solitaire, à la recherche de nourriture en prévision de son hibernation dans quelques mois. C’est encore un gros grizzli male. Beaucoup plus prudent que la veille, nous nous manifestons plus rapidement pour lui laisser le temps de s’éloigner, sans pour autant l’affoler.
Au moment de se coucher, la pluie se met à tomber.

Jour 12

Des fossiles : ammonites

Le réveil est difficile. Il bruine, il fait beaucoup plus froid et le feu a un peu de mal à démarrer. Heureusement, Jean-Marc a quelques astuces digne des coureurs de bois pour faire démarrer un feu efficacement….hum, hum…. J’ai sorti mes vêtements chauds du fin fond des 120 litres de mon sac étanche et les ramène vers le haut afin de les rendre accessible. Jean-Marc prépare des pancakes sous le tarp.
Peu de temps après notre départ, nous partons en balade. Nous observons quelques caribous. La balade est jolie, un peu difficile au début avec des hummocks décidément difficile à franchir sans mettre les pieds dans l’eau, puis sur les hauteurs. Nous observons d’autres caribous (ou est-ce les mêmes ?) traverser la rivière juste en dessous de nous. Retour en longeant l’eau, nous observons les multiples traces sur la rive et de magnifiques « paint brushes », fleurs en forme de « pinceaux » dont la gamme de couleur va du blanc au violet foncé. Sur la plage, nous reprenons le petit jeu de casser des cailloux pour voir ce qu’il y a à l’intérieur et Florence trouve, ce qui semble être une belle ammonite. Après un plein de barres de céréales et de chocolat, nous repartons. Au camp, un autre ours vient nous rendre visite sur la rive opposée. Il nous observe de loin et poursuit tranquillement son chemin. Une fois encore, il s’agit d’un gros mal solitaire. Ces rencontres avec la rivière en barrage entre nous sont sereines et sans inquiétude ni d’un coté, ni de l’autre. Les hommes et l’animal s’observent avec le même étonnement et le même respect.

Jour 13

Réveil sous les 0°C

Première nuit avec une température qui passe légèrement sous la barre de O°C. Nous nous réveillons dans le brouillard. Lors du petit déjeuner (des pancakes, miam !), nous admirons le brouillard se dissiper sur l’eau comme des volutes de fumée. Quel beau spectacle…la journée s’annonce bien !
Une fois notre barda rangé, nous passons sur l’autre rive chercher les traces du grizzli aperçu la veille, il avait l’air énorme…puis nous partons pour une petite balade matinale. Nous traversons un petit bois à la Indiana Jones et rejoignons la crête. Nous ne nous lassons pas d’admirer le panorama et d’essayer de repérer la moindre faune mouvante. Nous rejoignons nos canoës, il faut quand même avancer ! Nous passons devant une cabane en rondin en ruine et rencontrons notre 17ième ours. Le midi, nous déjeunons sur une belle plage aux couleurs de l’automne, les épilobes d’un rouge carmin sont particulièrement photogéniques quand les rayons de soleil sortent de derrière les nuages, c’est très joli.
Les rives sont de plus en plus boueuses et les accostages sont difficiles. Dans un tournant en épingle à cheveu, nous tombons face à un superbe cirque, haut et plein de couleur. Nous faisons une balade et je trouve un beau caillou transparent, encore une fois la vue dans les hauteurs est superbe. Les arbres sont moins présents, beaucoup plus éparpillées et plus rachitiques. Nous apercevons des caribous au loin…Le camp du soir est superbe. La lumière joue sur l’herbe d’un vert tendre avec ces belles montagnes colorées en arrière fond, la plage est toute dorée, le vent a formé des zébrures régulières sur le sable entrecoupé de petites mares qui brillent au soleil. Les appareils photo crépitent mais ça vaut vraiment le coup….Le soir, nous entendons les loups hurler et se répondre de part et d’autres la forêt. Nous les écoutons avec un plaisir vif, quelle chance d’être là et de profiter d’un si beau et rare concert.
Les nuits sont plus noires maintenant et nous commençons à guetter les aurores boréales.

Jour 14

Encore une ourse !

Notre évolution rapide sur la Wolverine a permis de reculer les départs matinaux et ce n’est qu’à 11h, en ce 19 août que nous embarquons dans nos canoës. Sur une plage, nous apercevons une grosse masse noire, inerte. Serait-ce un ours mort ? Il faut aller voir ! Toutes les embarcations se dirigent avec détermination vers la rive quand tout à coup, ça bouge ! c’est en effet, un ours avec ses deux petits en train de faire tranquillement une sieste au bord de l’eau. Tout le monde est surpris, l’ours et les petits détalent et nous sommes un peu penauds d’avoir manqué l’occasion de voir un ours de près mais aussi de les avoir dérangés dans leur sieste.
En début d’après-midi, nous atteignons les superbes  « montagnes » de toutes les couleurs aperçues la veille. Nous partons en promenade pour observer le phénomène. Les pentes sont très friables, comme de l’ardoise, et les couleurs tellement étonnantes qu’elles paraissent artificielles. Comme si un peintre avait retourné des pots de peinture séchée ici et là. Il y a du jaune clair, jaune canari, orange, vert, bleu, violet, marron…toutes ces couleurs dans des dégradés plus ou moins prononcés. C’est étonnant ! Chaque heure, chaque nuage fait changer les coloris et les dégradés. Nous grimpons au sommet. De l’autre côté, la montagne est beaucoup plus noire mais le paysage est très pastoral et contraste étonnamment avec la face par laquelle nous avons grimpé. En bas, une petite rivière serpente parmi les herbes, il y a comme un chemin formé au bord de la rivière, c’est un lieu de passage des caribous. Nous en observerons beaucoup ce jour-là. Le lieu nous plait tellement que nous décidons d’y rester pour la soirée. En dégustant les 3 gâteaux au chocolat préparés par Jean-Marc le matin même, nous prolongeons notre observation une bonne partie de l’après-midi. Un pygargue se joint à la partie. Les caribous se succèdent. De notre promontoire et avec nos jumelles, nous observons leur parcours de très loin, l’un d’eux porte un collier radio-émetteur. Les différentes hardes de caribous sont ainsi repérées pour suivre leur migration, cette migration peut être suivie sur internet.
(http://www.nwtwildlife.com/NWTWildlife/caribou/satellite2.htm)
S’agit-il bien ici de la harde de la Bluenose ouest ?
La plage est parsemée de bois flotté que nous ramassons pour préparer un grand feu en prévision de cette belle soirée. Il y a beaucoup de vent. Le couché de soleil fait rougeoyer le ciel, encore une superbe soirée qui se prolonge tard.

Jour 15

Fini la pluie

Nous quittons à regret ce superbe camp. Il fait plus gris, et les couleurs sont moins chatoyantes, nous faisons une randonnée dans d’autres « montagnes » similaires mais la pluie se met de la partie et nous décidons de repartir. La pluie semble installée, nous avançons le vent dans le dos, ce temps ne donne pas envie de trainer. En fin d’après-midi, nous avons du mal à trouver un camp qui nous satisfasse. Serions-nous devenu plus fine bouche depuis le camp d’hier. Nous débarquons dans la boue, mouillé, fatigué, préparé à passer une soirée sous la pluie. Une petite soupe chaude et c’est reparti, le camp s’installe rapidement, la pluie cesse, le ciel est bleu là-bas,  très loin….et 2 heures plus tard, c’est le grand beau temps !
Le camp est boueux et les traces sont nombreuses….quel est donc cet animal à 5 doigts griffés ?

Jour 16

Un carcajou

Je me réveille en entendant des grands « splash » dans l’eau…est-ce un ours qui vient nous rendre visite ? Non, ce sont deux caribous qui viennent souhaiter un bon anniversaire à Florence ! Il sont sortis de l’eau juste à quelques mètres de leur tente. Mais un autre animal aussi est venu les narguer pendant la nuit….il y a des traces toutes fraiches ce matin…les 5 doigts griffés….un carcajou…. !
Il est peut-être glouton mais il n’a pas touché aux gâteaux au chocolat fabriqués par Jean-Marc… !
Il fait très beau et finalement, ce camp est beaucoup plus sympa avec du ciel bleu. Nous approchons du delta et le paysage devient plus plat. Nous voyons beaucoup d’oiseaux, des cygnes, des oies, des canards. Nous ne nous lassons pas de regarder le décollage impressionnant de la multitude de cygnes rencontrés tout au long de cette journée. En voulant rejoindre une dernière hauteur, un bras qui ne figurait pas sur la carte nous coupe le passage et nous contraint à rebrousser chemin.
Nous sommes tous en tee-shit, qui pourrait croire que nous sommes au-dessus du 69°  Nord !
Le midi, repas lyophilisé du sponsor de Jean-Marc, du riz ou des pates ? Il y a beaucoup de bois flotté et nous n’avons aucun mal à faire du feu. Un des sacs étanches avait été rempli de bois d’épinette bien sec lors de notre passage de la ligne de limite des arbres et permet un démarrage rapide. Notre camp indique une grande activité récente d’ours, il y a des trous partout. Il y a du vent et les rives sont très boueuses mais la soirée s’annonce belle. Le courant remue les fonds et rend l’eau de plus en plus chargée, nous devons la décanter et la bouillir  avant chaque consommation.
A 2 heures du mat’, la voix de Jean-Marc me tire de mon sac de couchage, une aurore boréale !!! c’est superbe, éphémères, surprenant, émouvant….

Jour 17 & 18

Déjà fini !

Nous voulons rejoindre rapidement notre dernière étape pour prendre le temps d’aller voir les pingos et de nous promener un peu dans le delta..  Le fleuve est très large, rapide. Nous zigzaguons entre les iles. Le matin du 22, nous observons notre 24ème et dernier ours, il est assis sur la rive et semble nous regarder sans vraiment nous voir. Ce n’est que quand l’un des canoës passera sous le vent, que l’odeur le fera partir. La journée est venteuse et les ours n’ont pas une très bonne vision.
Encore quelques coups de pagaies et nous voilà arrivés. Le lac que nous devions rejoindre par un portage a une ouverture qui n’existe pas sur la carte. Nous installons le campement entre la rivière et le lac, face à de belles falaises. La soirée est belle, nous espérons voir de nouvelles aurores boréales. Je m’installe avec Jean-Marc et Erwann dans le tarp qui offre une belle vue sur l’extérieur. Pas d’aurore mais une belle grasse matinée. Nous reprenons les canoës pour rejoindre la rive opposée du lac et essayer de trouver les pingos indiqués sur la carte. Les pingos sont des formations géologiques en forme de butte créés par la pression de la glace sur des terrains lacustres. Il y en a beaucoup dans le delta du Mackenzie, les plus hauts atteignent une cinquantaine de mètres.
La balade est très agréable et qui nous permet une belle rencontre avec un caribou. Nous tentons une approche en formant par mimétisme des bois avec nos bras. Le caribou ne semble pas très convaincu…  Nous rejoignons un des pingos, il est petit, Jean-Marc nous explique le phénomène quand tout à coup, nous apercevons un autre caribou suivi d’un loup…. Y a t’il chasse ? Non. Le loup rejoint sur le bord d’un lac d’autres loups que nous observons à la jumelle. Quand les loups n’ont pas faim, la cohabitation avec les caribous est bonne. Pourtant, nous sommes bien sur le territoire de chasse des loups car nous avons trouvé des os et des bois.
Il est temps de repartir. De retour au bord du lac, nous avons du mal à retrouver nos canoës car la marée a changé les configurations des lieux. C’est le brillant du canoë bleu qui finalement nous permettra de nous repérer.
Dernière soirée. Il fait frais et venteux. Jean-Marc appelle l’hydravion avec le téléphone satellite pour signaler notre position. Un rendez-vous téléphonique est fixé le lendemain matin, l’avion décollera en fonction des prévisions météo. La nuit, il pleut, Jean-Marc et Erwann qui sont couchés chacun sur un bord du tarp, prennent l’eau. Le matin, Jean-Marc rappelle l’hydravion pour donner les conditions climatiques mais le ciel est peu trop bas. Nous préparons le petit-déjeuner et rangeons les affaires. Il fait gris et nous n’avons pas très envie de nous arracher à ces lieux qui nous ont provoqués tant d’émerveillement. Tout à coup, Bruno nous appelle, il y a deux caribous !!! Comment sont-ils arrivés là ? Ils sont proches, de l’autre côté de la langue de terre entre la rivière et le lac où nous nous sommes installés. Cette ultime présence résonne comme un au-revoir, au loin, nous entendons un ronronnement de moteur, les caribous d’éloignent gracieusement…c’est l’adieu qu’il nous fallait pour nous sentir prêt à retourner dans le monde civilisé.

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