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Octave Pavy : l'histoire tragique d'un explorateur oubliéEn 1881, le docteur français Octave Pavy embarque à bord du Protée, un navire à vapeur équipé pour la navigation parmi les glaces, et intègre l'expédition américaine commandée par le lieutenant Greely. Cette
expédition a pour but de réaliser des recherches scientifiques sur le monde arctique, de cartographier la terre d'Ellesmere encore inconnue et de trouver une voie pour conquérir le Pôle Nord géographique. L'expédition
établit un camp de base appelé Fort Conger, à 82° de latitude. En 1882, le bateau ravitailleur ne parvient pas à Fort Conger car les glaces lui interdisent le passage. Octave Pary - BibliographieHydrographe et navigateur, Gustave Lambert revient du
Détroit de Béhring où il a tenté de rejoindre ce qu'il
imagine être la mer libre du pôle. Pour Octave Pavy qui
assistait à l'une de ses conférences, c'est le coup de
foudre. Le jeune homme fait un sort à ses aventures
mondaines, il abandonne ses études de médecine dans le
but, selon ses propres termes, " d'affirmer enfin aux
extrémités mêmes du monde la puissance et l'énergie de
l'homme ", et de permettre ainsi à la France de damer
le pion aux Britanniques et aux Américains dans la course
au pôle. Octave, " doué d'une imagination facile à
s'enthousiasmer, écrit un de ses amis, rêva de grandes
entreprises, de voyages, de découvertes.". Le pôle
nord devient son idée fixe. Comme l'aiguille aimantée de
la boussole, jusqu'à la mort il lui restera fidèle. Non, son destin ne s'accomplira pas. Octave Pavy périra dans des circonstances absurdes et effroyables, oublié de tous. Témoin gênant d'une histoire dominée par le mensonge, on le prétendra suicidé, son corps sera jeté à la mer et les trois classeurs qui rassemblaient ses notes personnelles seront portés disparus. Seul demeure son rêve, son rêve fou dont nous nous sentons aujourd'hui encore les héritiers. Ce que l'injustice et la mort lui a empêché de réaliser, nous le lui apporterons. Nous ne voulons pas atteindre le pôle, mais réparer une blessure de l'histoire par le résultat de trois mois d'efforts dans des conditions souvent extrêmes, et conjurer l'oubli. Partir de Fort Conger (son camp de base) et atteindre le cap Sabine pour la simple beauté de l'acte. Porter sur 600 kilomètres la plaque que nous déposerons à l'endroit présumé où l'explorateur français a disparu, pour lui rendre le plus sublime des hommages. Et pour réussir là où ils ont échoué, nous repartirons en bateau vers la civilisation. |
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